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Cash

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Ciné / Critique / le 07/04/2008, 11h20
Par Arnaud Mangin

 
  9/20     Verdict

Pff... Re-pff... Désolé de laisser véhiculer une telle lassitude dans nos propos parce qu'un journaliste de cinéma est un privilégié qui voit les films gratuitement et avant tout le monde, mais on n'en est pas moins homme. Lorsque les lumières de la salle dans laquelle a été projeté Cash se rallument, on se regarde les uns les autres, éberlués à l'avance de devoir encore casser du sucre sur le dos du cinéma français en essayant de trouver quelque part au fond de nous un semblant d'intérêt qui sera toujours plus énergique que ceux qui ont mis cette bobine en boite. On pense même au collègue voisin obligé d'en dire du bien sous pseudo, c'est dire.

C'est déjà difficile d'aimer quelque chose conçu sans la moindre âme, mais c'est encore plus inaccessible lorsque le seul salut de l'entreprise repose sur la volonté de (mal) plagier ce que fait déjà assez mollement un américain comme Soderbergh. Alors non : Cash n'est ni bon, ni intéressant ni même assez mauvais pour énerver. Insignifiante aventure...





Synopsis :

Un arnaqueur évite les agressifs. Et encore plus les agressifs armés.
Solal a oublié cette règle. Résultat, il est mort, assassiné par un mauvais perdant.
L'affaire aurait dû en rester là. Mais Solal a un frère : Cash. Et Cash a décidé de le venger. A sa manière. En élaborant une arnaque de haut vol.
Toutefois, l'adversaire est sur ses gardes. Et Cash et ses amis se sont peut-être attaqués à plus fort qu'eux... Dans ce genre d'opération, les alliances se font et se défont, les complices sont parfois des traîtres et les traîtres des complices. A la fin, une seule chose compte : qui est le pigeon ?


En général on salue sans problème la volonté des rares artistes hexagonaux s'essayant au cinéma de genre façon Hollywood, même si les bons films d'action ou thriller made in France se comptent sur les doigts d'un lépreux népalais attaqué par le froid. Mais ici rien ne justifie l'existence même d'un Cash chez nous. Une vraie relecture presque pas avouée de ce que les américains savent faire plus ou moins bien (et souvent mieux que nous) au croisement d'un Ocean's 12 et d'un Haute Voltige à qui il pique globalement les intrigues principales pour jouer la carte du polar old school et super fun. Et la coolitude, on sait très bien que plus on essaie de l'afficher grassement, moins elle transparaît (comme dans la trilogie de Soderbergh, justement) et ce n'est pas la multiplicité des rebondissements à tiroir balancés comme des cotillons de leur sachet qui sauvent la donne. Copier, c'est mal... Mal copier, c'est pire.


Cash

 

Enfin voilà, avec son inévitable sourire en coin et la désinvolture d'un Moi, Renard, Dujardin fait plaisir à tout le monde en faisant du Dujardin et campe Cash le voyou/pickpocket/ /escroc le plus cool de France - mais pas le plus cool du monde puisque c'est George Clooney. Et Cash, finement rebaptisé ainsi parce qu'il aime l'argent, compte bien escroquer jusqu'au dernier centime celui qui a tué son frère, aidé par sa petite équipe de gens aussi super cool. Voilà le topo et voilà qui justifie la présence au même casting de gens comme François Berléand et - en guest star - Clovis Cornillac (soit 95% de l'industrie cinématographique française entre 2003 et 2008) à qui l'on affuble quelques tronches qui dépannent bien comme Alice Taglioni ou un Jean Reno qui - ô surprise - fait du Jean Reno. Ce qui est en revanche bien moins extraordinaire, c'est la façon dont la sauce prend, en admettant qu'elle prenne...


Cash

 

Cash n'a effectivement que pour seule volonté de jouer et mélanger les cartes de sept familles pour que chaque coup fourré en masque un autre au point de totalement perdre le spectateur. Mais pas le perdre avec malice dans son lot d'incongruités, tout simplement le perdre comme n'importe quelle œuvre décousue et bosselée de ventres mous larguerait son auditoire à force d'ennui... Beaucoup de bruit pour rien, parce que partant d'une mauvaise note d'intention et assez négligé (barder l'ensemble d'effets split-screen n'apporte strictement rien) ce n'est pas la présence de quelques têtes d'affiches sympa qui élèveront Cash au dessus du produit non événementiel qu'il est. On ira même jusqu'à dire que le slogan "Il n'y a pas d'arnaque sans pigeon" s'adressera directement au malheureux qui aura payé sa place. En France, maintenant, on a de l'argent. En revanche, les idées...





Cash - Photo du 04/04/2008 Cash - Photo du 04/04/2008 Cash - Photo du 04/04/2008 Cash - Photo du 04/04/2008 Cash - Photo du 04/04/2008



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Film / Cash

réalisé par Eric Besnard
année de production : 2008 sortie en salles : 23 Avril 2008 durée : 1h40
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Fiche
Cash
9/20
La rédaction
Ciné / Cash

Année : 2008
Sortie : 23 Avril 2008
Durée : 1h40

Réalisateur(s) :
Eric Besnard

Avec :
Jean Dujardin, Jean Reno, Alice Taglioni, Valeria Golino, Jocelyn Quivrin...


Pays de production : France

Titre en VO : Ca$h

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