Adapté d'une pièce de David Mamet, Glengarry est une belle réussite sur l'univers impitoyable de l'immobilier. Mention spéciale aux sept acteurs, tous brillantissimes : Jack Lemmon, Al Pacino, Ed Harris, Alec Baldwin, Kevin Spacey, Alan Arkin et Jonathan Pryce. Rien que ça !
Synopsis :
Chez Mitch & Murray, une importante société immobilière, la compétition entre vendeurs est impitoyable. Lorsqu'on annonce à ces derniers une restructuration complète des effectifs, c'est la panique. Les meilleurs garderont leur place à l'issue d'une épreuve, les autres seront tout simplement licenciés. La guerre commence parmi les vendeurs...
ADAPTE D'UNE PIECE DE DAVID MAMET.
Oubliez son récent film, le prétendu thriller Dangereuse
séduction avec Bruce Willis et Halle Berry, le réalisateur James Foley a aussi été capable
dans le passé du meilleur. Avec Glengarry, adapté d'une pièce du
dramaturge et scénariste américain David Mamet qui souscrit
également le scénario, James Foley signe un film vertigineux
sur le milieu de l'immobilier et sa course effrénée au commerce de terrains sur
le territoire américain où seule compte la loi du profit et du meilleur en
affaires.
Gardant à l'esprit qu'il s'agit à l'origine d'une pièce de
théâtre, la mise en scène repose moins sur l'action que sur des dialogues ciselés,
et respecte à peu de choses près les règles des trois unités propres au théâtre
classique : le temps (l'action ne dépasse pas les 24 heures), le lieu (le film
est tourné quasiment dans le décor unique des locaux de la société
immobilière), et l'action, tous les personnages étant liés les uns aux autres
par une seule et même action principale. Les dialogues et les nombreux échanges
séparés, en tête-à-tête ou en groupe, entre les sept personnages, constituent
le cœur de l'action, là où la mise en scène puise son énergie. Chaque comédien
a un personnage à défendre, un rôle à jouer dans cette sournoise mascarade où
seuls comptent la réussite en affaires et la prospérité de l'entreprise
(monnayer un maximum de terrains à des clients fortunés et crédules). Il n'y a
qu'à voir l'impressionnant monologue initial d'Alec Baldwin, qui incarne un
cadre particulièrement méprisant et antipathique, demandant à l'assemblée de
faire leurs preuves et les menaçant, le cas contraire, d'être licenciés dans la
semaine.
Cette
poignée de cadres travaillant jour et nuit aux affaires et ne manquant pas
d'arguments pour négocier les terrains, a pour ainsi dire perdu son humanité.
Peu importe le moyen par lequel ils y parviennent mais seul le profit compte.
Même le plus âgé d'entre eux, Shelley Levene (époustouflant Jack Lemmon), connaît les
ficelles du métier par cœur, à tel point qu'il vient de conclure une affaire
juteuse qui lui a rapporté la somme de 82 000 dollars. Mais tous cherchent à
mettre la main sur le fichier Glengarry, l'affaire la plus
lucrative de la société. Lorsqu'Al Pacino entre en scène en Ricky
Roma, le vendeur le plus chevronné de Mitch & Murray, le spectateur médusé
assiste à un nouveau numéro d'acteur, une fois de plus sacrément bon. Il n'y a
qu'à voir les rapports que lui et ses collègues entretiennent avec leur
supérieur, le peu influent John Williamson (Kevin Spacey impeccable) : la
hiérarchie est éclatée, tous s'envoient joyeusement balader, les insultes
fusent (on n'a pas compté le nombre de « fuck » cités, mais ils doivent être
nombreux) et le patron récolte les injures !

Même si le
monde de l'immobilier pourra paraître hermétique pour certains, le spectateur
se prendra pour sûr au jeu, malgré les quelques longueurs qui se font
ressentir. Le monde déshumanisé et spéculateur que décrit David Mamet devrait
immanquablement trouver écho dans nos petites existences. En gros, « coopérez,
ou on vous embarque », comprenez par là « on vous vire », chacun de
nous a sans doute déjà entendu ça dans son parcours professionnel.

Baratins en série, bourrage de crâne, le film vaut surtout
pour ses dialogues tirés au cordeau et ses numéros d'acteurs tout simplement virtuoses.
Le réalisateur a visiblement le sens du casting et offre à chaque comédien une étonnante
partition leur permettant d'incarner des personnages féroces mettant en exergue
leur sens de la rhétorique. Jubilatoire !
Films
Film / Glengarrydurée : 1h36 réalisé par James Foley
année de production : 1992 sortie en salles : 13 Janvier 1993
Fiche complète / Lire la critique
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