Synopsis :
Le second volet des aventures du démon Hellboy, né dans les flammes de l'enfer mais oeuvrant pour le bien sur Terre.

La comparaison avec "le" film de super-héros du moment est obligatoire : Hellboy 2 s'inscrit comme une anti-thèse complète de The Dark Knight, du moins en ce qui concerne son approche de l'adaptation d'un comics. Le film de Christopher Nolan adapte de son côté très librement l'univers du chevalier noir, en essayant non seulement de le plonger dans notre réalité, mais en y rajoutant une réflexion sur le bien et le mal et plus précisément sur la définition du concept de (super)héros. Une idée certes déjà vue dans la trilogie Spider-Man, mais qui se veut ici plus noire et impose un nombre conséquent de scènes de discussions sur ces sujets, éloignant le film d'une ambiance primaire de comics. The Dark Knight n'est donc pas une adaptation de comics au sens littéral du terme, mais plus un film qui commente le genre: on peut y voir de la prétention ou de la réflexion, un défaut impardonnable ou une immense preuve de maturité. Camarade, choisis ton camp !

On retrouve donc dans Hellboy 2 les qualités du premier film : Guillermo Del Toro accouche avec le second d'un véritable comics live, accepté primairement par ses personnages qui ne se posent pas ou peu de questions sur l'univers qui les entoure. Un parti pris qui peut effectivement donner l'impression d'assister à l'adaptation d'une histoire de seulement vingt pages (comme dans le premier film) mais ce petit défaut trouve dans cette suite son remède ultime : si Del Toro s'était retenu dans Hellboy 1 pour rester le plus fidèle possible à l'œuvre originale, il s'est cette fois-ci, de ses propres mots, complètement lâché ! L'univers de Hellboy 2 est d'une richesse graphique tout simplement inouïe, explosant celui de son prédécesseur, affichant une cohérence esthétique époustouflante qui nous renvoie au plaisir de découverte éprouvé il y a 30 ans face à Star Wars, sa mythologie, son Cantina Band, ses combats au sabre laser ou n'importe lequel de ses ingrédients. Comme si la créativité absente des épisodes suivants des films de George Lucas s'était rematérialisée comme par magie dans Hellboy 2.

Hellboy 2 est donc beau à voir et remplis haut la main sa part de contrat sur ce domaine là. Guillermo Del Toro empile les références, les thèmes qui lui sont chers, avec une intelligence qui enrichit ce grand divertissement et creuse encore l'écart avec le manque d'inspiration de certaines adaptations de comics (Les 4 Fantastiques par exemple). Si ces raisons sont parfaitement suffisantes pour se déplacer dans les salles et assister au spectacle, le bât blesse en revanche sur d'autres points. Les décors urbains du premier film conféraient à son ambiance une certaine noirceur, loin de celle du comics certes, mais tout de même présente. Ici, que nenni. Hellboy 2 ouvre ses portes à la ménagère de moins de 50 ans et c'est sur point précis que résident ses plus grands défauts et que notre colère va gronder. Passé une séquence atterrante sur son adolescence (partant pourtant d'un bon sentiment : la lecture d'une légende à l'heure d'aller dormir), le film va enchaîner des saynètes "humanisant" ses héros/monstres pour les rendre plus proches de nous. Qu'importe leur dignité, elle est sacrifiée sur l'autel d'un hollywoodianisme très décevant de la part d'un Del Toro. Derrière des soi-disant séquences intimes, le réalisateur enchaîne des poncifs fatigants, comme une reprise de All by myself entonnée par Hellboy et Abe Sapien, venant illustrer des amourettes caricaturales à souhait. Le charisme de Hellboy (démon envoyé sur terre pour détruire l'humanité quand même à la base !) en prend un sacré coup.

Pire encore : si le scénario se montre brillant à bien des égards (le méchant de service est une réussite à lui seul, bien plus convaincant que dans la bande-annonce), certaines de ses ficelles dont notamment celles des séquences finales, sont usées jusqu'à la mœlle et viennent desservir le résultat et l'ambiance même du film. Punch-lines usagées (contrairement à celles du premier film), ressors dramatiques déjà vus mille fois... Hellboy 2 méritait mieux, c'est certain. Et pourtant il est difficile de ne pas aimer le film : ses milles qualités suffisent à en ressortir tout de même enthousiaste, juste un peu déçu que les 25% du film ne suivent pas les 75% restant. C'est déjà énorme 75% d'un film au delà de la réussite. Mais c'est encore plus dommage de ne pas être allé jusqu'au bout, surtout pour se compromettre à ce point.
Les réactions dans les forums FilmsActu
Bof,
Je vous trouve dur. Hellboy II est un film grand public qui ne cache pas son ambition de ne faire que du divertissement. En ce sens c'est réussi. Esthétiquement le film est riche, rempli de surprises...mais de là justement résulte ce qui m'a le plus déçu.
En effet, avec Hellboy II on change de mythologie par rapport au I. On passe d'une mythologie bien/mal ancestral et démoniaque à Fées/trolls/elfes.
Et dans cette mythologie glamour (le terme est utilisé dans le film), Del Toro échoue à placer son Hellboy. Humanisé au cours de différentes scènes, exclu en temps que démon du mythe féérique, on a quand même sérieusement l'impression qu'Hellboy n'est pas à sa place. Pire, il perd de son charisme et de son ambivalence à naviguer dans un univers qui n'est pas le sien. Pas une seconde on ne croit à la nature démoniaque d'Hellboy et finalement ce scénario aurait très bien pu se faire sans le gros démon rouge.
Hellboy III contre les extra terrestres? Hellboy IV contre Jack l'Eventreur? Hellboy V contre Marco Materrazi?
Del Toro a brouillé les pistes et noyé son héros.
Daube. Oui, c'est bien le terme que j'ai envie d'employer pour qualifier Hellboy 2. Le premier n'était d'ailleurs pas bien convaincant, mais le second opus parvient à faire pire... Scénario inexistant, décors studios en carton-pâte, costumes ringards, maquillage mal fait, personnages creux, méchants ridicules (une fleur bordel !), répliques à chier, chorégraphies des combats has-been (on dirait du Van Damme...) et situations suréalistes (Hellboy qui se lave les dents)... Ce n'est plus un film fantastique mais un machin venu d'ailleurs. Si jamais vous arrivez à croiser Del Toro aux alentours d'un festival, dites-lui que les privates jokes, ça ne fait rire que quelques personnes...
Grosse daube!! Vous êtes quand même d'une indulgence sans limite pour tous ces réalisateurs geeks.
Je n'aime pas Del Toro en général, j'ai juste trouvé le labirynthe de Pan très touchant (mais pas sans failles) et très beau plastiquement (pas en mise en scène).
Le reste pour moi est mauvais, et Hellboy 2 en est le point culminant.
Si les créatures sont en effet très réussies, mélangeant de la plus belle manière 3d et make-up, le reste n'a malheureusement aucun intérêt.
La love story persistante enraye déjà sérieusement la machine. Le scénario a été écrit en 20 minutes, et il était sympa...dans l'idée! Après normalement faut bosser dessus pour lier tous les éléments entre eux, donner corps aux personnages, crédibiliser l'arrivée des situations...et pour un tel film, mettre de la sueur et du sang!
Y'a à peine 3 bastons et elle cassent pas des briques (surtout la finale où Hellboy met du temps à percuter que le 1 contre 1 c'est plus fastoche).
La caméra bouge tous le temps à grand coup de grue panoramique et de stead, et ce même pour les dialogues les plus plats, j'en avais la gerbe.
Aucun crescendo, aucun climax, rien à sauver! Des belles créatures, ça n'a jamais fait un film.
Moi j'ai l'impression de lira la critique du premier Hellboy qui était juste à chier.
Je vais aller voir le 2 mais avec la certitude qu'aucune des petites phrases de Hellboy ne me fera sourire ni que le scénario me donnera des sueurs froides.
En gros je sais pas pourquoi j'y vais...
Ca donne quand même envie. Malgré un simple "13/20", j'ai vraiment envie de voir le film après avoir lu cette critique. Et peut-être qu'en étant prévenu sur ses défauts, je les verrais moins !!
si c'est le plus beau Del Toro, ça vaut déjà mille fois le coup de se déplacer en salles...
Films
Film / Hellboy 2réalisé par Guillermo Del Toro
année de production : 2008 sortie en salles : 29 Octobre 2008
Fiche complète / Lire la critique / 13 vidéos / Trouver une salle
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