Martyrs / Critique Ciné, FilmsActu.com

Martyrs

Imprimer cet article    3Réagir à cet article
Ciné / Critique / le 02/07/2008, 18h48
Par La Rédaction

 
19/20     Verdict

Martyrs offre une proposition de cinéma qui relève du fantasme dans la production franco-française actuelle, surtout pour un film de genre. Son existence tient du miracle. Uppercut digne des productions sauvages des années 70, Martyrs est la claque que l'on attendait depuis des années. Pour une fois, un film français va remuer les tripes !





Synopsis :
France, début des années 70. Lucie, une petite fille de dix ans, disparue quelques mois plus tôt, est retrouvée errant sur la route. Son corps maltraité ne porte aucune trace d'agression sexuelle. Les raisons de son enlèvement restent mystérieuses. Traumatisée, mutique, elle est placée dans un hôpital où elle se lie d'amitié avec Anna, une fille de son âge.

15 ans plus tard. On sonne à la porte d’une famille ordinaire. Le père ouvre et se retrouve face à Lucie, armée d'un fusil de chasse. Persuadée d'avoir retrouvé ses bourreaux, elle tire.

Martyrs, second long métrage de Pascal Laugier, génère un véritable buzz depuis sa présentation au Marché du film du festival de Cannes : menace d'interdiction aux moins de 18 ans (ce qui revenait à le démolir), manifestation devant le ministère de la culture, forums et débats interminables sur la légitimité de la violence au cinéma. Aujourd'hui, c'est devenu le film dont tout le monde parle. Sans nécessairement l'avoir vu, d'ailleurs. Le verdict ? C'est un choc, un vrai de vrai, qui appartient à la catégorie rare et précieuse des films qui remuent les tripes et hantent nos pensées pendant longtemps. A une heure où on aime proposer de la verroterie en bobine gonflée au numérique, il serait sans doute bon d'écouter son auteur, connu jusque là pour un beau coup d'essai (Saint-Ange) dans lequel il rendait hommage au cinéma fantastique bien viscéral des années 70 en lorgnant vers Argento et ses influences gothiques. Au minimum, ce premier film annonçait le talent visuel de Pascal Laugier. A différents degrés, Martyrs possède quelques points communs avec l'œuvre précédente (introduction avec des enfants, duo féminin, volonté de perdre le spectateur dans une dernière partie très "bizarre" - ici bien plus longue). Mais tout ça dans un registre bien différent et moins illustratif : la forme et le fond sont ici poings et pieds liés, dans une intimité qui donne au film toute sa force.

Martyrs, La Critique !!

 

L'idéal pour le savourer serait d'y aller vierge de tout présupposé critique. De ne pas écouter les autres. De fuir les forums. D'attendre sa découverte et de se faire lentement bouffer par la fureur et l'énergie inouïes de ce grand film français, qui ne tombe jamais dans les défauts des dernières productions franco-françaises de genre comme A l'intérieur (certes bien mais loin de la perfection). Ce qui fait la différence, c'est une vraie construction dramaturgique qui digère les clichés pour emmener toujours ailleurs et là où nous n'osions plus penser aller. Un véritable jeu de chausse-trappe. Martyrs est une plongée dans les secrets tapis du quotidien, racontant ce qui se passe dans les caves de monstres ordinaires. C'est aussi une véritable histoire d'amour où une fille se perd pour une autre, en totale abnégation, en totale soumission. C'est enfin et surtout une vraie réflexion cinématographique sur le cinéma d'horreur en général, Martyrs multipliant les pistes ludiques et fréquentant différents genres pour brouiller tous les repères.

 

Une réflexion renforcée par tout le bordel autour de cette censure qui ne dit pas son nom et relance de plus belle un immense paradoxe de notre société : pourquoi diable le film dérange à ce point à l'heure de la "banalisation de la violence" ? Une question qui ne trouve pas de réponse que dans un autre paradoxe, celui d'une profonde volonté réactionnaire et viscérale de censure dans un pays qui officiellement la répudie. Une bonne raison supplémentaire pour justifier l'existence de Martyrs, heureusement sauvé de cette interdiction fatale, et qui vient taper dans la fourmilière, intelligemment, justement sans le voyeurisme de la violence étalée aujourd'hui.

 

Martyrs, La Critique !!

 

A l'écran, cette fougue se traduit visuellement par des parti pris radicaux : une mise en scène incroyable qui épouse les sentiments anxieux des personnages, des rebondissements scénaristiques géniaux constamment surprenants, le script ayant toujours une longueur d'avance sur nous. La violence physique mais surtout mentale est tellement puissante que certains risquent de ne pas comprendre ce qui se passe. Les deux interprètes principales (Mylène Jampanoi et Morjana El Alaoui) sont phénoménales parce qu'elles se métamorphosent au gré des situations. Si nous devions trouver une référence, nous citerions moins les films de crieuses (on le répète, ce n'est pas un film d'horreur !) mais ceux d'ambiance comme Possession avec Isabelle Adjani, de Andrzej Zulawski, jonction idéale entre film d'auteur et film de genre. Pour les néophytes, il est bon de rappeler que ce vaudeville gore reposait sur une mise en scène hallucinante mais aussi l'interprétation d'une actrice qui n'avait peur de rien, pas même du ridicule, pour impressionner le regard.

 

Martyrs, La Critique !!

 

Dans le genre, Jampanoï et Alaoui vont très loin, avec un naturel confondant, sans jamais se corrompre dans un excès de performance qui aurait nuit au propos. Une marque propre aux grandes actrices, qui répondent ici toujours aux exigences du réalisateur poussant le spectateur à se poser des questions. Dans un état second, mû par le besoin de la catharsis, Laugier traite tout ça sans apitoiement ni point de vue ostentatoire pour que le spectateur adulte soit capable de réfléchir par lui-même, sans qu'on lui impose de discours pré mâché. Alors, oui, l'impact de Martyrs sur le spectateur pourrait être comparable aux films de Haneke (sans le moralisme) et de Pasolini (sans la théorie). Mais il y a la rage singulière de Pascal Laugier qui emporte tout sur son passage. Une rage expiatoire qui fait toute l'intensité de ce voyage inoubliable au bout de la nuit et qui va littéralement vous faire bouffer la terre. Dans le bon sens du terme, puisqu'au final Martyrs utilise sa rage pour... dénoncer la violence. Aucun spectateur n'en sortira indemne. Vous êtes prévenus !

 

Critique rédigée par Kevin Prin et Alex Meclerc





Martyrs - Affiche du 30/05/2008 Martyrs - Photo du 21/04/2008 Martyrs - Photo du 21/04/2008 Martyrs - Photo du 21/04/2008 Martyrs - Photo du 21/04/2008



Suivantes

Page 1/3

                        Imprimer cet article  3Réagir à cet article

Les réactions dans les forums FilmsActu


Par pavupapri le Samedi 5 Juillet 2008, 2h21

Je t'assure qu'on peut lui reconnaitre ses énormes qualités artistiques (et donc considérer que c'est effectivement un très bon film) mais aussi le trouver "quelconque" comme tu dis. On peut en tout cas rester viscéralement insensible puisque cela a été mon cas.  A mon grand dam, je ne fais donc pas parti de ceux qui "Aiment ou détestent, mais ne restent pas indifférent". A mon sens, ce n'est pas aussi percutant que quelques exercices d'Haneke, que La Cérémonie de Chabrol (pour rester dans des intrigues de chevrotines) et surtout encore très loin d'Irreversible dans le genre Shaker des sens.

Au delà de tout ça, Martyrs demeure un très bon film d'horreur, français, qui ne prend pas son spectateur pour un crétin et c'est surtout ce qui justifie sa découverte.

Par merzboy le Jeudi 3 Juillet 2008, 13h11

une claque. une énorme claque.
les dernières images mont littéralement mises sur le cul, les larmes aux yeux.
on ne sort pas indemne de la séance, on ne peut applaudir le film dès que les lumières se rallument (ou sinon on a pas compris le film), on ne peut pas dire que c'est un film "quelconque" sauf si décérébré par Saw, merdasses et compagnies on cherchait dans martyrs du fun. non, martyrs nest pas fun !

et nen déplaise à certain, son interdiction aux moins de 18 ans était totalement justifiée !
les scènes de violence sont dun réalisme à couper le souffle, loin de ce "réalisme chirurgical" de pathology/saw/etc. quand à l'écran un coup est donné, on le reçoit au fond de notre siège. mais plus que laspect graphique ou la mise en scène, la morale finale est sincèrement tellement ambigue, que chacun peut l'interprêter de façon différente. martyrs touche à de nombreux thèmes d'actualité appartenant à une réalité quon aimerait occulter. c'est pour ça que martyrs dérange. cest en ça que le film peut s'avérer être "dangereux" (je nai pas d'autre mot). une bombe qui rappelle furieusement le monstrueux salo de pasolini.

martyrs mérite plus que tout d'exister donc. un film nécessaire qui doit défendu bec et ongle. mais martyrs ne peut ni doit être montré partout. martyrs ne peut pas être projeté dans tous les cinémas et bonnes crémeries de france et de navarre.
non messieurs de chez wild bunch, martyrs nest pas un produit de consommation que lon exploite dans un vulgaire ugc, non martyrs ne doit pas être analysé à l'aune du nombre de salles qui le diffuse ou de son résultat au boxoffice, pire sur son résultat à 14h le mercredi de sa sortie. martyrs doit exister mais pas aux côtés de camping ou du dernier garrel.

vous avez accouché dune oeuvre virulente, constestataire qui frappe violemment sur de graves dérives du monde "moderne" et vous vous étonnez que l'on ne vous accueille pas les bras grands ouverts ?!?
ce film ferra assurément date dans lhistoire du ciné français, trouvera son public petit à petit, sera vu et discuté (houleusement) encore dans 30 ans. martyrs mérite-t-il sincèrement d'être traité comme un film "quelconque" ? je ne le pense pas.

martyrs sera finalement distribué en salle à partir du 3 septembre et n'écopera que d'une interdiction aux moins de 16 ans. bravo. il faut ouvrir les yeux, cette interdiction aux moins de 16 ans n'a été motivée de la part de la comission que pour une raison tout simple : que vous fermiez vos gueules. toute cette agitation autour de la "censure" du film n'était bénéfique pour personne. et vous donnez ce que vous desiriez vous faisait taire. hop on en parle plus.
le comité de classification n'a aucunement été modifié. ses jugements seront toujours aussi sévères, à l'image qu'elle est de la société réac dans laquelle nous vivons. votre combat n'aura finalement servi à ne défendre qu'un seul film, martyrs. toute cette agitation pour un retour à la case départ...

jespère que le prochain film interdit aux moins de 18 ans (qui arrivera plus rapidement que l'on ne le pense) aura lui aussi un comité de défense aussi bien organisé que celui de martyrs, sinon, à l'instar de quand lembryon par braconner, il passera relativement innaperçu.

>> Voir la suite / réagir

Films

Film / Martyrs

réalisé par Pascal Laugier
année de production : 2008 sortie en salles : 3 Septembre 2008 durée : 1h37
Fiche complète / Lire la critique / 19 vidéos / Trouver une salle

Fiche
Martyrs
19/20
La rédaction
Ciné / Martyrs

Année : 2008
Sortie : 3 Septembre 2008
Durée : 1h37

Réalisateur(s) :
Pascal Laugier

Avec :
Morjana Alaoui, Mylène Jampanoï, Catherine Bégin, Patricia Tulasne, Robert Toupin...


Pays de production : France

Titre en VO : Martyrs

Interdiction : Film interdit au moins de 16 ans

Mes préférences
Créer une alerte J'ai vu ce film
Ma note :
Ma critique :

Newsletter

L'actualité des Jeux Vidéo


Dernières recherches : video de femme a poil - la bande annonce du film dragon ball z - ugc cergy le haut - 30 jours de nuits - film porno gratuit sans telecharger

Toute l'actualité du Cinéma

 

© 2007-2008 FilmsActu.com. Tous droits réservés. Reproduction interdite sans autorisation
Un site du groupe Mixicom - Réalisation : Vitalyn

 

Liens Sponsorisés : Jeux video - LincomAll4home - Tous les films en dvd
Actus photo - pok - Livraison de fleurs - Clicmovies - rencontre gratuit - Masculin.com pour Homme