Sans plus attendre n’est pas le meilleur film de Rob Reiner, mais il s’inscrit dans la droite lignée de ses meilleurs travaux que sont Stand By Me et Quand Harry rencontre Sally. Une comédie triste et attendrissante, dont on oubliera la forme classique et les ficelles prévisible pour souligner la sincérité du propos abordé. Un beau film.
Synopsis :
A l'époque où il enseignait la philosophie, Carter Chambers invitait chaque année ses étudiants à dresser ce qu'il appelait une "bucket list"
- la liste de tout ce que ces jeunes rêvaient de faire, de voir ou de
tenter avant de "passer l'arme à gauche". Oubliant d'appliquer ce sage
principe à lui-même, Carter laissa passer le temps, se sent piéger par
une multitude de contraintes et d'obligations familiales et dut se
contenter pendant quatre décennies d'un obscur emploi de mécanicien.
Aujourd'hui, sa "bucket list" n'est plus qu'un dérisoire
exercice mental, une recension d'occasions manquées et de regrets
voilés. Pendant ce temps, le multimillionnaire Edward Cole bâtissait un
empire et consacrait toute son énergie à amasser encore plus d'argent,
sans même s'accorder le temps de savourer ses acquis.
Un jour, Cole
et Carter se retrouvent dans la même chambre d'hôpital, avec tout le
temps nécessaire pour dresser le bilan de leurs vies si dissemblables.
Ils découvrent alors qu'ils ont au moins deux choses en commun : un
formidable appétit de vivre, et le ferme désir de réaliser d'urgence
tous leurs rêves inaccomplis. Les deux hommes embarquent alors pour la
plus belle des virées. Un voyage de l'amitié, émaillé d'aventures,
d'éclats de rire, de découvertes.
Malgré quelques dernières réalisations plutôt décevantes (La Rumeur court, Une vie à deux), Rob Reiner fait définitivement partie de ces réalisateurs disposant d'un fort capital sympathie auprès du public. Le bougre nous a quand même offert Quand Harry rencontre Sally (best comédie romantique ever) et Stand By Me (the best adaptation de Stephen King ever aussi), et a baladé sa bouille de gros bonhomme jovial dans un bon paquet de films prestigieux auxquels il a participé entant que comédien (Pour le meilleur et pour le pire, The Majestic, Nuits blanches à Seattle...). Bref, lorsque ce dernier fait un film, nombreux sont ceux qui vont le voir parce que c'est lui et qu'il balade un capitale sympathie assez énorme. Et lorsqu'en plus il fait tourner Jack Nicholson et Morgan Freeman ensemble, le rendez-vous nous semble juste incontournable.

Sans plus attendre (en VO The Bucket List) est donc ce film, racontant comment deux vieux messieurs que tout oppose (Freeman et Nicholson
donc) vont être amené à dresser la liste de tout ce qu'ils
ont toujours rêvé de faire et à les réaliser avant de casser leurs pipes, sachant qu'il ne leur
reste que 6 mois à vivre. Un pitch de comédie pas vraiment hilarant, voire carrément déprimant, dont on sait dès le début que l'idée de base (la liste en
question du titre original) ne sera qu'un prétexte à un voyage philosophique et
personnel pour nos deux protagonistes. Edward Cole (Nicholson),
multimillionnaire égoïste va donc découvrir les joies procurées par l'amitié
tandis que Carter Chambers (Freeman), mécano érudit de culture générale qui a
consacré sa vie à s'occuper de sa famille, va enfin apprendre à s'occuper aussi
de lui. Pas forcément inédit sur le papier, voire un brin gnangnan diront
les plus blasés, Sans plus attendre aurait pu être un énième film sur la vieillesse si, dès les premières images,
la sincérité des images de Reiner n'avait pas fait la différence. A l'instar
des personnages, nous savons en tant que spectateur comment l'histoire va se terminer et que l'important n'est pas la fin du voyage, mais le
voyage en lui-même. Véritable drame comique, le film
s'inscrit dans un pur style Reiner-ien,
réussissant à nous faire
rire d'une situation pas vraiment propice à la déconne, malgré un bon paquet de clichés fortement prévisibles. Un sentiment fortement renforcé
par l'attachement que l'on peut avoir pour ce duo de comédiens, qui joue grandement
en faveur du film.

Lorsqu'au bout de 5 minutes on
découvre Jack Nicholson et Morgan Freeman, deux acteurs incroyables avec
lesquels on a tous passé une bonne partie de notre propre existence, couchés
dans des lits d'hôpital à l'article de la mort, on ne peut s'empêcher de penser
qu'un jour la réalité rattrapera la fiction. Une pensée sombre et bien réelle (les
deux acteurs ayant 71 ans chacun) qui nous mine le moral dans les premières
bobines du film, mais qui finit par s'en aller, laissant place à l'envie de
profiter un maximum de tous les instants magiques que pourraient nous offrir
ces comédiens de génie. Dès lors, comme les deux personnages du film, on oublie
le cancer, on oublie la chimio, on oublie la mort qui plane au dessus de leur
tête, et on profite d'un film simple certes mais qui nous rappelle
de manière honnête et sincère qu'il y a aussi une vie avant la mort.

Films
Film / Sans plus attendreréalisé par Rob Reiner
année de production : 2007 sortie en salles : 27 Février 2008 durée : 1h37
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