Smiley Face / Critique  Ciné, FilmsActu.com

Smiley Face

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Ciné / Critique / le 16/01/2008, 8h24
Par Caroline Leroy

 
15/20     Verdict

S'ils ne signe pas avec Smiley Face son œuvre la plus marquante, Gregg Araki nous revient néanmoins en pleine forme avec cette comédie réussie aux allures de dessin-animé complètement allumé, transcendée par l'interprétation irrésistible d'Anna Faris.





Synopsis :

Jane, jeune actrice paresseuse et sans succès, commence sa journée comme tant d'autres : vautrée dans le canapé, devant la télé, un joint à la main. Affamée, elle ne peut s'empêcher d'engloutir les gâteaux que son colocataire psychopathe a laissé traîner, ignorant qu'ils contiennent du cannabis. Comprenant qu'elle a intérêt à les remplacer au plus vite, là voila partie pour un périple complètement surréaliste et enfumé. Parviendra t-elle à passer son casting, rembourser son dealer et remplacer les fameuses patisseries !?

Nationalité : US/Allemagne

Découvert en France avec le déjanté The Doom Generation en 1995, Gregg Araki n'a cessé depuis de se renouveler. Nowhere poussait plus loin encore la peinture sous acide d'une jeunesse déphasée dont le désarmant James Duval se retrouvait être une fois de plus l'emblème, tandis que le magnifique Mysterious Skin, adapté du roman de Scott Heim, surprenait par la gravité de son sujet comme de son approche. Avec Smiley Face, le cinéaste se tourne de nouveau vers la comédie, mais vers une forme de comédie plus pure et nettement plus légère qu'il ne le faisait avec Nowhere dont le fond pouvait s'avérer par instants relativement sombre. Si ce nouveau film reste de fait un peu plus anecdotique que les précédents, il n'en demeurera pas moins un vrai plaisir pour ceux qui accepteront de pénétrer dans le long trip rocambolesque de son héroïne.

 

Smiley Face

 

Il fallait une certaine audace pour entreprendre un long métrage à partir d'un concept aussi farfelu. Gregg Araki souhaitait se reposer après Mysterious Skin ? On le comprend, et il a indéniablement trouvé dans le scénario de Dylan Haggerty un écho à quelques-unes des facettes les plus caractéristiques de son propre univers. Entre insouciance exacerbée et absurdité parfaitement assumée, Smiley Face déploie des trésors d'imagination compte tenu de la trivialité des faits qui nous sont contés. Car la force du film tient tout entière dans le fait que les péripéties vécues par notre héroïne shootée au pot et aux space cakes, ne sont extraordinaires que parce qu'elles nous sont données à voir à travers ses yeux ébahis. Si l'on fait le bilan, la journée de Jane (Anna Faris) est finalement parsemée d'événements pour le moins anodins : une visite de son dealer, une tentative peu fructueuse de sortir sa voiture du garage, un passage chez le dentiste pour accompagner son soupirant malheureux, une audition complètement ratée... Ce n'est que lorsqu'elle se retrouve avec le manifeste du Pari Communiste entre les mains que les choses commencent à se corser, avec les conséquences que cette trouvaille inopinée entraîne pour elle et pour les autres.

 

Smiley Face

 

Tout le talent de Gregg Araki et de son incroyable comédienne Anna Faris (Le Secret de Brokeback Mountain, Scary Movie 4), seule à l'écran la plupart du temps, consiste à nous faire avaler la dimension spectaculaire de ces petits riens de la vie de tous les jours de cette jeune femme aussi irresponsable qu'attachante. La scène de l'audition, hilarante, illustre parfaitement ce décalage permanent entre réalité objective - dans un bureau tristounet, Jane doit déclamer une réplique face à la directrice de casting - et subjective - les différents essais sont ponctués d'une musique au diapason, qui s'arrête net dès qu'il s'avère que Jane est à côté de la plaque dans son interprétation. Un décalage qui fait toute la saveur de Smiley Face, film au ton délibérément frivole et désinvolte, où tout prête à rire, et pas seulement les rebondissements du trip invraisemblable de Jane. Même s'ils n'existent qu'à travers le regard comateux de cette dernière, les seconds rôles se révèlent tous sous un jour pittoresque, aussi banals et ennuyeux soient-ils réellement. Et le plus fort dans tout cela reste certainement que ces portraits parfois gentiment acerbes (le nerd Brevin Ericson joué par John Krasinski, notamment) ne semblent jamais empreints de méchanceté, comme si la naïveté de Jane finissait par devenir contagieuse à la longue, de la même façon qu'elle envahit le cadre pour lui imprimer ces teintes joyeusement colorées. Une petite virée psychédélique revigorante, en somme.





Smiley Face - Photo du 16/01/2008 Smiley Face - Photo du 16/01/2008 Smiley Face - Photo du 16/01/2008 Smiley Face - Photo du 16/01/2008 Smiley Face - Photo du 16/01/2008



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Films

Film / Smiley Face

réalisé par Gregg Araki
année de production : 2006 sortie en salles : 16 Janvier 2008 durée : 1h25
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Fiche
Smiley Face
15/20
La rédaction
Ciné / Smiley Face

Année : 2006
Sortie : 16 Janvier 2008
Durée : 1h25

Réalisateur(s) :
Gregg Araki

Avec :
Danny Masterson, Jane Lynch, John Krasinski, Adam Brody, Rick Hoffman...


Pays de production : États-Unis, Allemagne

Titre en VO : Smiley Face

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