Sweeney Todd - Le diabolique barbier de Fleet Street / Critique  Ciné, FilmsActu.com

Sweeney Todd - Le diabolique barbier de Fleet Street

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Ciné / Critique / le 02/01/2008, 17h34
Par Arnaud Mangin

 
18/20     Verdict

Sans vraie morale ni même dénonciation de maux humains qui n'intéresseront pas vraiment, Sweeney Todd est un splendide opéra tragique jouant avec la mort et l'amour sans ironie trop mal placée mais avec une succession d'idées visuelles que ne rechignerait aucun peintre victorien, bousculant jusque dans la splendeur la pire des violences. La vengeance est un plat qui se mange froid, parait-il. Avec son histoire de barbier réglant ses comptes sur sa propre clientèle, Tim Burton la rend glaciale...





Synopsis :

Après avoir croupi pendant quinze ans dans une prison australienne, Benjamin Barker s'évade et regagne Londres avec une seule idée en tête : se venger de l'infâme Juge Turpin qui le condamna pour lui ravir sa femme, lucy, et son bébé, Johanna. Adoptant le nom de Sweeney Todd, il reprend possession de son échoppe de barbier, située au-dessus de la boulangerie de Mme Nellie lovett. Celle-ci l'informe que Lucy se donna la mort après avoir été violée par Turpin.
Lorsque son flamboyant rival Pirelli menace de le démasquer, Sweeney est contraint de l'égorger. L'astucieuse Mme Lovett vole à son secours : pour le débarrasser de l'encombrant cadavre, elle lui propose d'en faire de la chair à pâté, ce qui relancera du même coup ses propres affaires.
Sweeney découvre que Turpin a maintenant des visées sur Johanna, qu'il séquestre avec la complicité de son âme damnée, le Bailli Bamford. L'adolescente a attiré les regards d'un jeune marin, Anthony, celui-là même qui avait sauvé Sweeney lors de son évasion. Amoureux fou de la jeune innocente, Anthony se promet de l'épouser après l'avoir arrachée à Turpin.
Pendant ce temps, le quartier de Fleet Street s'est entiché des "tartes" très spéciales de Mme Lovett, et celle-ci se prend à rêver d'une nouvelle vie, respectable et bourgeoise, avec Sweeney pour époux et Toby, l'ancien assistant de Pirelli, comme fils adoptif. Mais Sweeney est bien décidé à mener à terme sa vengeance, quel qu'en soit le coût...


Nous fallait-il plancher sur une introduction revisitant brièvement l'œuvre de Tim Burton, l'homme aux mille chef d'œuvres (ou un peu moins) divisant son public avec Big Fish et nous interrogeant sur ses motivations musicale depuis le délirant bubble-gum - mais pétage de plomb quand même - Charlie et la chocolaterie ? Non, finalement on préfère laisser parler notre cœur d'un coup d'un seul, jaillissant comme les gerbes de sang des victimes de l'effrayant Johnny Depp. Sweeney Todd n'est pas seulement une manière de potentiellement se racheter auprès de ceux qu'il a fâché à plus ou moins longue échéance, c'est surtout une pièce majeure immédiate de sa filmographie. Une bobine saisissante par sa façon de se réapproprier les arts (avec un grand A) dans ce qu'ils ont de plus codifié et de riche, en les confondant dans une sanglante tragédie chantée. On sort de là les yeux remplis d'images splendides aussi frissonnantes que poétiques. L'année démarre fort !

 

Sweeney Todd

 

Burton et la musique, c'est donc une vieille histoire, surtout épaulée par un pote Danny Elfman qui répond ici aux abonnés absents. Qu'à cela ne tienne, le film existe sans lui, sur un ton radicalement différent de ce qu'aurait pu être Sweeney Todd il y a 10 ou 15 ans (à savoir mâtiné d'un second degré divertissant) et par conséquent d'une noirceur rejoignant le gain de maturité qu'on a tant reproché au cinéaste et son classique travail formel absolument somptueux. Et puisque l'on parle de musique, on entre donc dans une ère nouvelle pour Burton Son orchestration vouvoie le baroque - l'utilisation de l'orgue dans son superbe générique d'intro - mais le potentiel chanté de l'œuvre se situe dans l'incroyable prestation théâtrale des acteurs au teint blafard devenus chanteurs, conférant à l'ensemble une dramaturgie poussée jusque dans un degré inouï. Chose qui nous fait presque oublier que certaines chansons auraient mérité un meilleur traitement au niveau de l'écriture, se contentant ici d'offrir un tempo à des dialogues plus traditionnels. En sortant de là, on ne retiendra pas la grande majorité d'entres-elles, et c'est bien dommage.

 

Sweeney Todd

 

Et puis, un mal étant parfois un bien, si - en bon public ingrat - on néglige la beauté auditive de l'œuvre, c'est surtout parce que Burton nous livre l'un de ses films les plus somptueux esthétiquement parlant - si ce n'est LE plus somptueux - et une troublante tragédie grecque qu'aurait revisité Charles Dickens à grands coups de lame tranchante. On peut ensuite s'égarer dans des comparatifs superlatifs en citant donc Dickens, Poe, Frank Miller pour la photo monochrome s'ont s'extirpe violemment le rouge, ou encore le souvenir splendide de Sleepy Hollow du même Burton, mais les faits sont là : Le film cumule durant 120 minutes une imagerie à tomber, aidée ou non par l'outil numérique en évitant les débordements et appuyant avec la même puissance graphique la monstrueuse métamorphose d'un Johnny Depp calmant quelques ardeurs de groupies. Son regard dédaigneux à travers les grilles d'une chaufferie (sans compter ce qui se passe de l'autre côté), sa silhouette armée d'un rasoir dans l'embrasure d'une porte ou encore - et surtout - les deux plans finaux imposent un retour en grande pompe d'un réalisateur inimitable.





Sweeney Todd - Le diabolique barbier de Fleet Street - Photo du 05/10/2007 Sweeney Todd - Le diabolique barbier de Fleet Street - Photo du 05/10/2007 Sweeney Todd - Le diabolique barbier de Fleet Street - Photo du 05/10/2007 Sweeney Todd - Le diabolique barbier de Fleet Street - Photo du 05/10/2007

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Les réactions dans les forums FilmsActu


Par Kerala le Dimanche 6 Janvier 2008, 16h12
Il est vrai que les derniers Burton sentaient un peu trop bon la guimauve, j'espère être agréablement surpris avec son dernier film...
Par pavupapri le Mercredi 2 Janvier 2008, 20h53
Tu truovera bien le moyen de dire que ça ressemble à Sin City ;-)
Par delpedro le Mercredi 2 Janvier 2008, 20h28
Bah dis donc, moi qui pensais que Burton était à mettre à la poubelle... enfin bon, on nous avait déjà sorti le même refrain sur Big Fish ("poétique" qu'ils avaient dit à l'époque). Donc j'irai voir, mais quand même, je reste sceptique...
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Films

Film / Sweeney Todd, le Diabolique Barbier de Fleet Street

réalisé par Tim Burton
année de production : 2007 sortie en salles : 23 Janvier 2008 durée : 1h56
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Fiche
Sweeney Todd, le Diabolique Barbier de Fleet Street
18/20
La rédaction
Ciné / Sweeney Todd, le Diabolique Barbier de Fleet Street

Année : 2007
Sortie : 23 Janvier 2008
Durée : 1h56

Réalisateur(s) :
Tim Burton

Avec :
Johnny Depp, Helena Bonham Carter, Timothy Spall, Christopher Mintz-Plasse, Sacha Baron Cohen...


Pays de production : États-Unis

Titre en VO : Sweeney Todd - The Demon Barber of Fleet Street

Interdiction : Film interdit au moins de 12 ans

Site officiel : visitez ce site

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