Joann Sfar est un artiste doué. Ses intentions sur Gainsbourg sont bonnes, même excellentes. Néanmoins se retrouver pour un premier film à la tête d'une si grosse entreprise au budget estimé à 20 millions d'euros, n'était pas une bonne idée, le dérapage artistique étant d'une ampleur douloureuse. On préférera attendre (im)patiemment son adaptation du Chat du Rabbin en dessin animé, sur laquelle il aura bien plus pris son temps. Et on guettera toujours avec curiosité la suite de sa filmographie, toujours persuadés qu'au regard de ce qu'il est en tant que personne et en tant qu'artiste, il a quelque d'important à apporter au cinéma français. Hang on Joann !
Sous la forme d'une fable, Serge Gainsbourg : vie héroïque nous conte comment un enfant juif est devenu l'un des plus grands noms de la chanson française.

En présentant son film comme un "conte", Joann Sfar lançait cette fois-ci officiellement la promesse d'un récit prenant des libertés par rapport au genre potentiellement trop limitatif de la biographie si l'on veut explorer les démons d'un personnage et les représenter à l'écran. Ce qu'il fait ici même, sous la forme de deux marionnettes, l'une représentant la culpabilité d'être juif qu'éprouve Gainsbourg enfant face au régime nazi qu'il ne comprend pas, et l'autre représentant Gainsbarre alors qu'il n'est encore que Gainsbourg, interprétée dans ce dernier cas par l'excellent Doug Jones (Hellboy 1 & 2). L'autre élément justifiant l'adjectif "conte" s'incarne dans un choix de certains passages de la vie de Gainsbourg, pas forcément les plus importants, sans réel lien narratif si ce n'est de dresser un portrait de l'homme. Autant d'ambitions font plaisir à voir dans le cinéma français. Le résultat marche-t-il ? Malheureusement non.

Car au final, le terme "conte" ressemble plus à une tentative désespérée de s'accrocher aux branches pour justifier les écarts métaphoriques du film alors qu'il remplit strictement le cahier des charges d'une biographie filmée et surtout de ses défauts. La première préoccupation évidente du film fut d'abord de trouver des acteurs-sosies pour chacun des rôles, la qualité de leurs performances passant au second plan. Tout commence donc par un enfant interprétant Gainsbourg jeune, au physique ressemblant exactement à ce qu'il aurait pu être à cet âge là. L'agréable surprise se transforme vite en cauchemar : il est rare de voir des enfants mal jouer au cinéma et celui-ci remplit cet exploit en ne dégageant que des émotions fausses, récitant son texte comme il le peut devant la caméra. Ce constat est valable pour tout le casting, entraînant parfois des moments d'embarras où on ne rêve que de se cacher sous notre siège, à commencer par Sara Forestier dans le rôle de France Gall, mais aussi Yolande Moreau dans le rôle de Fréhel, Anna Mouglalis en Juliette Gréco (pourtant si douée et magnétique dans Coco Chanel & Igor Stravinsky), Philippe Katerine dans le rôle de Boris Vian, ... Autant d'acteurs que l'on aime et qui jouent des caricatures de leurs personnages, désagréables à observer. Le constat va jusqu'à Eric Elmosnino dans le rôle principal, certes bluffant dans la période Gainsbarre, mais jouant à outrance de mimiques et de tics dans la période Gainsbourg. On nage en plein guignol. Du casting on relèvera tout de même deux noms : Laetitia Casta, parfaite en Brigitte Bardot et Mylène Jampanoï dans le rôle de Bambou, sobre et habitée par son rôle.

Le dérapage au rayon des acteurs s'étend encore plus loin : le choix des passages de la vie de Gainsbourg se fait en dépit du bon sens, que ce soit dans un registre biographique (certains moments forts manquent, certains sans grand intérêt sont présents), ce qui peut se défendre encore une fois par le choix de mettre en scène un conte, mais reste indéfendable lorsqu'ils s'enchaînent sans réelle cohérence pour raconter un personnage. Rajoutons à cela une réorchestration des chansons de Gainsbourg pour coller à la voix de l'acteur frôlant souvent l'absurde (Melody Nelson !) et qui fera hurler les fans, ainsi qu'une direction artistique globalement sans réel goût (la photo est souvent laide), et des marionnettes embarrassantes elles aussi car dénuées de toute poésie pour se résumer à un numéro de carnaval, et on sort exténué de ce film.
Réactions
Par Doubroff JC le Mardi 2 Février 2010, 14h30PS: je crois que Joan Sfar a au fond de lui un bon film à réaliser au sujet des relations filiales entre adultes...le trémoussement du papa de Serge Gainsbourg lorsqu'il apprend que son fils est avec BB détone un peu mais les autres moments de relation père fils sont réussis me semble-t-il. Cette relation n'est qu'effleurée et je crois que Joan Sfar a davantage à partager avec nous dans ce domaine. Bref même si j'ai peu aimé ce premier film, j'irai voir les prochains...
Jchristophe doubroff
Ce fut en effet un film sans émotion, même si on peut croire à la sincérité du réalisateur...une seule interview de Gainsbourg par Denise Glaser attise cette émotion bien davantage que cette succession de cliches filmés comme des clips....Ce qui est intéressant chez Gainsgourg comme chez tout les créateurs, c'est ce qui depasse les anecdotes et des données triviales de leur quotidien; en l'occurence ce qui dépassa le tabac, l'alcool et les mimiques d'une obsénité banale. C'est vers la fin avec le personnage de Bambou que le film pourtant commence à toucher. Il eut fallu montrer la sensibilité des textes, leur justesse (passer d'une tragedie amoureuse à la construction d'une chanson comme BB-initial, voilà un sujet!), leur force à échapper aux clichés qui n'étaient là que pour faire du chiffre...et ne pas oublier que par delà l'alcool et le tabac, Serge Gainsbourg tint à écrire "les enfants de la chance"...ici peut-être que le réalisateur a tenté de nous le suggérer en commençant puis en terminant son film au bord d'une plage....tout comme dans la Dolce Vita de Fellini (ou la force des actes dérisoires est autrement plus perceptible et touchante)...Que le réalisateur et les acteurs ne soient pas tristes; j'ai cru en leur sincérité même s'il me semble qu'ils ont échoué.
Vous auriez du regarder le superbe documentaire sur Gainsbourg qui est passé sur france 2 il y a quelque temps, mais pas un film! Et non, ce n'est pas Gainsbourg dans le film, c'est un ACTEUR! Moi j'ai trouvé très osé (et il a bien fait) de la part du réalisateur de faire chanter chaque chanson par les acteurs, cela permet de cerné AUSSI l'acteur, parce que les chansons de Gainsbourg, chanté par Gainsbourg, on connait déjà... Alors que là, c'était du nouveau! Et pour flo83, ainsi que tout ceux qui critique les voix des acteurs, je veux pas dire mais, écouter Birkin chanter, ben c'est pas du jolie........ C'est même moche, et c'est EXACTEMENT ça que Gainsbourg aimait, la VERITE et la SINCERITE, quitte à ce que ce soit inaudible, c'était VRAI et y'a que ça qui compte. Alors si vous êtes fan de Gainsbourg, une chose est sur, c'est que vous ne l'avez pas compris....
Film très beau, malgré quelques petits defaults, mais je suis sur d'une chose, c'est que ceux qui critique ce film on adorés avatar ou 2012, enfin des films que moi je range dans la catégorie "A jeter aux chiottes". Acheter vous un vrai sens critique, ou tout simplement du goût
C'est pas son premier film, c'est le premier qu'il parvient à finir, après le naufrage de "Grand Vampire" et la catastrophe annoncée du "Chat du Rabbin" (qui devrait sortir malgré tout, mais si on ne s'improvise pas réalisateur, on s'improvise encore moins réalisateur de dessin animé : l'équipe qui bosse au Chat a un peu mal à supporter le côté enfant gâté capricieux de celui qui la dirige). Joann Sfar ne doute jamais de lui ou de ses capacités, c'est une grande qualité pour un artiste, mais ça ne passe pas toujours bien parce que les faits sont les faits : têtus, comme disait l'autre.
LE NAVET , un film sans émotion j avais hate qu il se finisse un film sans grand interet l interpretation de cette bande de comediens que pour l argent serai pret a jouer n inporte koi la plu pitoyable c la petasse de casta kan elle chante mes poils se sont irisser vraiment ils devraient remboursser toutes les places vendues
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Films
réalisé par Joann Sfar
année de production : 2009 sortie en salles : 20 Janvier 2010
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