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Les Beaux Gosses

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Ciné / Critique / le 10/06/2009, 14h37
Par Yann Rutledge

 
Notre avis : 8/20
Que les spectateurs accablés par le phénomène LOL se rassurent, Riad Sattouf nous offre pour son premier film la parfaite anti-thèse du portrait générationnel de Lisa Azuelos et rien de moins que l'un des teen comedies les plus cons, les plus touchants et les plus justes produite dans l'hexagone. Transpirant à chaque séquence un désir fou de cinéma, Les Beaux Gosses s'avère difficilement classable tant il parvient à lier humour puéril et chronique adolescente. Hilarant, malin, d'une rare tendresse et sincère de bout en bout, le film de Riad Sattouf sort des sentiers battus et s'impose comme un objet qui fait le lien entre Steak, Hellphone - pour cette envie de proposer un autre cinéma, loin des canons français - et la crème de la crème de la teen comedy US intelligente, Supergrave et Breakfast Club en tête. Sattouf tient là une pelloche qui a toutes les raisons de devenir culte !

Synopsis :

Hervé, 14 ans, est un ado moyen. Débordé par ses pulsions, ingrat physiquement et moyennement malin, il vit seul avec sa mère.  Au collège, il s'en sort à peu près, entouré par ses bons copains. Sortir avec une fille, voilà qui mobilise toute sa pensée. Hélas, dans ce domaine, il accumule râteau sur râteau, sans toutefois se démonter. Un jour, sans très bien comprendre comment, il se retrouve dans la situation de plaire à Aurore, l'une des plus jolies filles de sa classe. Malgré des avances de plus en plus évidentes, Hervé, un peu nigaud, ne se rend compte de rien. Quand enfin il en prend conscience, Aurore refuse de sortir avec lui. Puis, sans prévenir, elle se jette dans ses bras. Enfin, il sort avec une fille ! Grand amateur de branlettes et de films X, Camel, son meilleur ami, convainc Hervé d'essayer de coucher avec sa copine. Devant son copain, Hervé se vante de sa virilité, mais quand il est avec Aurore, c'est une autre affaire...


Les Beaux Gosses
Comme son amie Marjane Satrapi (Persepolis) avant de livrer son premier film, Riad Sattouf vient de la BD où il a fait ses armes avec son personnage macho Pascal Brutal (chez Fluide Glacial), ses chroniques adolescentes Retour au collège et La vie secrète des jeunes publiées chaque semaine dans le bête et méchant Charlie Hebdo, dans lesquelles il dresse un portrait juste de la jeunesse d'aujourd'hui, à la fois grande gueule, nigaude mais perspicace. Expert ès-relations adolescentes, Sattouf se tourne sans grande surprise pour son premier film vers la teen comedy. Mais comme l'ont maladroitement démontré Enki Bilal et Frank Miller, faire un dessin et faire un film n'est pas la même affaire. Or Riad Sattouf dissipe dès les premières images toutes les appréhensions liées au projet.

Les Beaux Gosses
D'abord Les Beaux Gosses, c'est quoi ? C'est l'histoire de Hervé, un ado moyen de 14 ans, ingrat physiquement et débordé par ses envies de sexe, qui un jour sans très bien comprendre comment a une touche avec Aurore l'une des plus belles filles de la classe. Grande gueule et vantard devant son meilleur pote Camel, Hervé est un véritable boulet maladroit en tête-à-tête avec sa nouvelle copine. Encouragé par son pote, il tentera de braver sa timidité de puceau pour coucher avec elle... Et en avant pour quatre-vingt-dix minutes de leçons de french kiss, d'anatomie féminine, de discussions cul et de branlettes dans des chaussettes sur les belles pages de La Redoute ou devant le www.mamans-trop-bonnasses.com (en guest star Valeria Golino !) dans la plus pure tradition de la teen comedy bien con. L'image que donne Les Beaux Gosses de l'adolescence n'est pas la plus flatteuse qui soit - c'est le moins qu'on puisse dire - et pourtant, elle correspond à un état de fait, inutile de le nier. A 14 ans, comme nous tous ici, vous aviez un physique ingrats, la peau grasse, boutons bourgeonnant, parliez mal à vos parents et aux profs (vous parliez mal tout court en fait), et par dessus tout le sexe était (chez vous messieurs) une obsession, une idée fixe maladive, centre de toutes vos jactances entre potes.

Ce qui aurait pu n'être qu'une innocente comédie pipi-caca relevée par des dialogues qui font mouche se révèle au final un film sincère et jamais moqueur sur l'affirmation de soi à travers les premiers émois sentimentalo-sexuels adolescents. Une denrée trop rare sur les écrans. Les Beaux Gosses tient ainsi plus du cultissime Breakfast Club (affirme-toi par toi-même, ne laisse pas l'autorité te dire qui tu dois être), de Supergrave (le thème du passage à l'âge adulte) et de la série Freaks and Geeks que de la consternante chronique de la jeunesse dorée parisienne, Riad Sattouf ayant en effet plus de tendresse pour les exclus et les ados mal dans leur peau que pour le beau blond populaire sourire colgate.

Les Beaux Gosses
Et c'est précisément là que réside la réussite du film, tout autant que l'humour sympathiquement puéril hérité d'American Pie. Lorsqu'un personnage s'affirme en dehors du moule imposé, le cinéma français a pour habitude d'en faire un ringard à pointer du doigt et à méchamment moquer (cf. Cyprien et les comédies de Dubosc/Onteniente). Dans la lignée des grands de la comédie populaire US (la clique Apatow, les frères Farrelly, Hugues...), Sattouf estime que nous avons tous un "loser" tapi en nous, et c'est précisément ce "loser" qui participe à forger notre personnalité. Refusant à l'instar de Paul Feig et Judd Apatow pour Freaks and Geeks de brosser l'ado dans le sens du poil, doté d'une finesse d'esprit et d'une compréhension du monde comme personne, Sattouf compose des personnages archétypaux (au point d'en travestir d'une perruque certains) tels que la binoclarde, la catho, l'invisible, le souffre-douleur, la petite frappe, le hippie, etc, autant de personnages bourrés de défauts (stupide, pleutre, moche, menteur, mesquin...) mais dotés d'une réelle et profonde personnalité.

Ce n'est clairement pas tant par les péripéties jalonnant le récit que se distingue Les Beaux Gosses mais profondément par l'approche pragmatique que cache le projet. Sans en dévoiler trop, le métrage ne se clôt en effet pas sur la traditionnelle note moralisatrice ou pire mystificatrice qui veut que la relation amoureuse nouée durant le métrage soit le grand Amour véritable et éternel. Pas de morale simpliste limite conservatrice ici mais un regard sensé et lucide sur l'amour. Et c'est véritablement touchant.

Les Beaux Gosses

Première publication de la critique : 20/05/2009




Les Beaux Gosses - Photo du 16/05/2009 Les Beaux Gosses - Photo du 16/05/2009 Les Beaux Gosses - Photo du 16/05/2009 Les Beaux Gosses - Photo du 16/05/2009 Les Beaux Gosses - Photo du 16/05/2009



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Réactions


Voici les 5 dernières réactions sur un total de 10.

Citer merzboyPar merzboy le Jeudi 2 Juillet 2009, 9h58

faut avouer que question comédie, le ciné français transpire pas la joie. on ne compte plus les trucs qui ressemblent plus à des téléfilms qu'à de vrais films de ciné rythmés avec une vraie mise en scène et qui ne prend pas son public pour un beauf
croisons les doigts que les bombes que sont beaux gosses et les lascars inciteront les financiers à lancer des projets neufs sans la bande habituelle des Jugnot, Clavier ou Dubosc en sérieuse perte de vitesse.

Citer pethorPar pethor le Mercredi 1 Juillet 2009, 23h47

Merci pour l'info, je n'ai jamais vu ce film.

Concernant la citation, elle provient du test complet de ce site concernant la comédie américaine une nuit à new york (qui lui au passage à obtenu 15 pour un film ayant 25 ans d'avance sur le cinéma français).

J'en ai un peu marre de lire sur ce site pourtant plein de qualités un discours pessimiste sur le cinéma français.

Citer delpedroPar delpedro le Lundi 29 Juin 2009, 20h54
pethor :

c'est marrant ça, citation :

"Une Nuit à New-York confirme que même formaté, un film peut être réussi s'il est fait avec sincérité, et que l'industrie cinématographique américaine a 25 ans d'avance sur le 7e Art hexagonal."

Breakfast Club est sorti en 1985 ... 24 ans à la louche, pour avoir une comédie française qui cerne de manière fidèle ce que c'est que d'être adolescent dans un monde d'adulte smile

Citer pethorPar pethor le Lundi 29 Juin 2009, 20h40

c'est marrant ça, citation :

"Une Nuit à New-York confirme que même formaté, un film peut être réussi s'il est fait avec sincérité, et que l'industrie cinématographique américaine a 25 ans d'avance sur le 7e Art hexagonal."

Citer DanyPar Dany le Jeudi 11 Juin 2009, 12h19

Ah voir,je ne suis pas fan de ce genre de film,mais bon par curiosité je jetterai un œil.

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Films

Film / Les Beaux Gosses

durée : 1h30 réalisé par Riad Sattouf
année de production : 2009 sortie en salles : 10 Juin 2009
Fiche complète / Lire la critique
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Fiche
Les Beaux Gosses
La rédaction :
8/10
Les internautes :
6/10
Ciné / Les Beaux Gosses

Année : 2009
Sortie : 10 Juin 2009
Durée : 1h30

Réalisateur(s) :
Riad Sattouf

Avec :
Nicolas Maury, Marjane Satrapi, Solenn Jarniou, Emmanuelle Devos, Valeria Golino...


Pays de production : France

Titre en VO : Les Beaux Gosses

Visa d'exploitation : 121421

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