I'm not there
DVD / Test Zone 2 / le 24/06/2008, 11h02
Par Sabrina Piazzi
Evoquer la vie de Bob Dylan à travers six personnages et comédiens différents pour sortir des sentiers battus du biopic était un pari risqué. Malgré un casting éclatant et la démente performance de Cate Blanchett (Prix d'interprétation féminine à la 64è Mostra de Venise en 2007), on demeure quelque peu sur notre faim de par l'utilisation de certains procédés narratifs et une structure éclatée du récit qui peuvent lasser et laisser le spectateur sur le banc de touche. A la vision du film de Todd Haynes, on a surtout l'impression de visiter une exposition consacrée au chanteur américain en passant d'une pièce à l'autre plutôt que d'assister à une véritable expérience cinématographique. Certains éléments de l'histoire nous laissent dubitatifs (la partie avec Richard Gere), d'autres nous emballent véritablement (celle avec le jeune Marcus Carl Franklin et bien sûr avec Cate Blanchett) mais l'ennui prend rapidement le dessus. Plastiquement irréprochable, I'm not there divise mais ne laisse pas les spectateurs apathiques. Retrouvez sans plus tarder le test complet du DVD ci-dessous.
18/20 Image
17/20 Son
Que les possesseurs d'une seule stéréo se rassurent, les deux canaux sont amplement suffisants et, s'ils ne seront pas immergés dans le long métrage comme le permettent leurs homologues DD 5.1., le spectacle est au rendez-vous avec des dialogues incisifs et une piste musicale pimpante. Les chansons et autres parties musicales profitent assurément aux frontales des deux Dolby Digital 5.1 française et anglaise sans toutefois atteindre la perfection d'écoute attendue. Un manque de souffle et d'envergure se fait ressentir et les dialogues se font moins frappants en version originale qu'en version française même si on y perd en naturel comme c'est souvent le cas. Par ailleurs les ambiances sont finalement clairsemées bien que ne manquant pas de vigueur. Globalement les quatre pistes sonores ne manquent pas de finesse, les canaux sont bien exploités et les mixages limpides.

14/20 Bonus
Commentaire audio du réalisateur Todd Haynes (vostf) Démarrant son exposé dès les logos de production, le cinéaste dissèque chacune de ses images, chacun des thèmes explorés, sans temps morts et avec intelligence. Chaque aspect technique y est abordé avec une passion communicative, de la genèse de ce projet audacieux au choix du casting. Non seulement Todd Haynes s'en sort admirablement dans l'exercice pourtant casse-gueule du commentaire mais en plus il approfondit en même temps chacun de ses plans. Une déclaration d'amour à Robert Allen Zimmerman qui donne aux profanes du chanteur rock, folk, country, blues et jazz une incroyable quantité d'éléments afin de combler leurs lacunes.

Les éléments récurrents de ce commentaire sont l'éternelle renaissance de Bob Dylan, la collaboration de Todd Haynes avec ses techniciens, le choix des couleurs pour définir chaque partie (tons chauds jaunes et verts pour la première partie notamment), ses références cinématographiques (Godard avec Masculin féminin et Deux ou trois choses que je sais d'elle pour la partie Ledger/Gainsbourg, Huit et demi de Federico Fellini pour la partie avec Cate Blanchett) et ses bases bibliographiques (Chroniques de Bob Dylan). On notera également un bel hommage rendu à Heath Ledger.
Entretien avec les comédiens (17min56)
Module où les acteurs du film s'expriment sur ce que représente Bob Dylan dans leur vie et comment le chanteur s'est immiscé dans leur quotidien. On regrettera la forme du segment où les propos de Richard Gere, Cate Blanchett, Christian Bale, Charlotte Gainsbourg, Marcus Carl Franklin et Ben Whishaw se superposent. On aurait préféré un entretien séparé avec chacun des comédiens d'autant plus que les propos distillés sont assez intéressants. Le jeune acteur Marcus Carl Franklin arbore le costume de la partie Dylan/Chaplin finalement non retenue.


Lettre de Todd Haynes à Bob Dylan (document écrit)
Supplément original et non dépourvu d'intérêt puisqu'il s'agit de l'unique correspondance entre le réalisateur et le chanteur. Dès l'été 2000, Todd Haynes a envoyé à Bob Dylan un document de présentation des personnages créés pour le film. C'est dès la réception de cette lettre que Dylan a donné son accord pour que le film se fasse. Celle-ci, disponible en français et en version originale, décrit les personnages ainsi que les multiples facettes du chanteur explorées dans l'histoire de Todd Haynes.

L'interactivité finalement assez maigre, s'achève sur la filmographie de Todd Haynes, la "Dylanographie" (discographie, filmographie, DVDthèque, bibliographies), la bande-annonce du film (1min45, vostf) et le teaser/clip reprenant le clip culte de Subterranean homesick blues où tous les Dylan du film apparaissent à tour de rôle.

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