Shooter – Tireur d'élite
DVD / Test Zone 2 / le 24/10/2007, 13h35
Par Arnaud Mangin
Shooter - tireur d'élite démarre plutôt pas mal, avec son histoire de sniper piégé par
les forces obscures gouvernementales. Un machin bien emballé, mais qui souffre assurément d'être réalisé par
Antoine Fuqua, lui-même obligé d'étirer le film sur près de deux heures alors
qu'il n'a rien à raconter. Soit une heure quarante de flan qui suivra ce
démarrage percutant, essayant de ramper sur le terrain de chasse de Tom Clancy,
sans aucun talent ni d'écriture ni de rythme et qui encourage l'ensemble du
casting à grommeler, puisque c'est tout ce qui reste à faire. "Je les
aurai" par-ci, "On l'aura" par là... On connaît la chanson : les
gentils gagnent et les méchants perdent. Et tant pis pour l'héroïsme illustré
crapuleusement durant une scène finale gratuitement anarchique et surtout particulièrement
douteuse sur un plan moral.
Glorifier le terrorisme consciencieux, c'est déjà
grave, mais le plus pénible dans tout ça consiste à subir Danny Glover en
méchant, avec des lunettes de soleil et tout l'équipement, puisque Mark Whalberg se voit confier désormais les rôles de gentils.
19/20 Image
Le DVD de Shooter
est comme le film : tiré à quatre épingle ! A commencer par une image proprette
jusque dans l'excès, soignée par un réalisateur habitué à l'école du clip et
qui sait parfaitement offrir au public du film d'action ce qu'il a envie de
voir. La photo se montre ainsi colorée, idéalement saturée et contrastée. Comme à son habitude depuis un moment déjà, Paramount qui nous a déjà
livré des copies à la limite de la perfection (MI3),
impose une fois encore un transfert sans faille qui traite son dernier bébé
avec les meilleurs égards. Une compression au top qui permet de profiter du
spectacle avec un souci du détail surprenant. Un excellent produit Home Cinéma.
18/20 Son
Restons dans la démonstration exacerbée du meilleur goût
puisque sur un plan sonore également, le film d'Antoine Fuqa met la gomme dès
que possible. Pas de DTS à l'horizon, mais on s'en fiche sincèrement tant les
deux pistes Dolby Digital 5.1 proposées ici (anglaise et française, sur le même
podium) délivrent parfois un spectacle de titans. Le genre qui fâche
sérieusement avec le voisinage. Tout ou presque y est pour satisfaire la
clientèle : coups de feu, explosions, champs de bataille, voitures frôlant le
cadre, hélicoptères et musique avancée se taillent joyeusement la part du lion
pour que l'ensemble des canaux démultiplie les effets en tout genres. Notamment
les enceintes surround mais surtout un caisson de basses particulièrement
généreux.
9/20 Bonus
Commentaire audio :
Antoine Fuqua est un garçon très académique qui soigne tout
ce qu'il fait. C'est le cas dans sa mise en scène comme dans le commentaire
audio du film qu'il livre avec une précision de pointe sur de nombreux aspects
(normal pour un film de sniper) mais qui n'oublie pas non plus son rôle de
vendeur. A chaque fois qu'un type apparaît à l'écran, on apprendra que d'une
part c'était vraiment merveilleux qu'il ait accepté le rôle et que, d'une autre
part, ce fut un bonheur de travailler avec lui. Un exercice carré qui n'apporte
franchement rien sur un plan cinématographique, si ce n'est
dans les dernières minutes. En effet, on y découvrira la toute puissance des
projections-test obligeant le réalisateur à tourner une nouvelle fin, aussi idéologiquement
dangereuse soit-elle. En effet (dixit le réalisateur) c'est sympa de tuer un
sénateur malhonnête à l'écran lorsque c'est interdit dans la vraie vie...
Pas
clair ce bonhomme.
Making of (21min52)
"La Survie du
plus fort" qu'il s'appelle ce documentaire. Et le plus fort ici, c'est
le pistolet, sous toutes ses formes et à travers toute la satisfaction qu'il
peut procurer. Si en tant que tel, cette petite vidéo se montre intéressante à
bien des égards sur l'entraînement d'un acteur et le maniement des armes (bien
qu'on ait vu ça des centaines de fois ailleurs), elle trouve un autre sens après avoir vu le film.
Voir tout ce joli monde se réjouir parce que l'on touche une cible de taille
humaine à 900 mètres et la glorification du fusil au point de le vendre comme
un outil de liberté inquiète souvent quelque peu. Les différences de culture,
sans doute...
Le reste des bonus ne demeure que du remplissage de rigueur
avec un petit module sans trop d'intérêt Independence
Hall (7min22), se contentant de présenter cet endroit historique où a
vraiment été tourné la première scène d'attentat. Les scènes coupées (11min22), finement rebaptisée
"supprimées", ont bien fait de l'être puisqu'elle ne se contentent de
paraphraser ce que raconte déjà trop le film. Quelques scènes de comédie et
explications, tout au plus. En revanche, la fin d'origine que l'on peut
apercevoir dans la bande-annonce (absente du DVD) ne figure pas parmi ces
scènes.
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