A l'instar de Mon nom est Personne, Un Génie, deux associés, une cloche a été supervisé et réalisé en partie par Sergio Leone bien que le réalisateur italien soit non crédité. Ennio Morricone signe la remarquable partition (qui est une relecture de Mon nom est Personne) de cette comédie-western et la réalisation est confiée à Damiano Damiani.
Le Major Cabot organise des agressions et accuse les Indiens afin de leur voler leurs biens. Joe Mercy vit de l'argent que lui rapporte sa participation à des duels spectaculaires. Avec l'aide de « Locomotive » et de Lucy, il décide de dérober à Cabot les 300 000 dollars que ce dernier doit remettre au Général Penbroke.
Deux ans après Mon nom est Personne, Terence Hill endosse dans Un génie, deux associés, une cloche le même costume poussiéreux que dans le film de Tonino Valerii mais il prend cette fois l'apparence de Joe Mercy. Si Mon nom est Personne était l'oraison funèbre du western spaghetti, la comédie prend ici définitivement le pas sur tout le reste et Joe Mercy serait peut-être le petit frère de Personne. Les légendes de l'ouest étant toutes parties, les quelques redoutables du flingue sont vite ridiculisés par les jeunes cowboys qui usent plus de la blague que dudit flingue. Une parodie de western volontaire où Terence Hill le clown cotoie à nouveau l'univers instauré par Sergio Leone. Damiani n'est pas vraiment habitué au western et Leone dira d'ailleurs de lui qu'il était finalement plus à l'aise dans le registre dramatique et que lui confier la réalisation du film fut une grosse erreur. Damiani excelle dans le drame mais selon Leone, il n'était pas un humoriste et ne savait manier ni l'ironie ni la farce. Quant à la musique de Morricone, elle est très belle mais elle n'est pas aussi ambitieuse que sa partition de Mon nom est Personne. On notera une adaptation personnelle de La Lettre à Elise durant la course de la diligence.

Aujourd'hui, Un génie, deux associés, une cloche se voit comme un simple divertissement, pas toujours finaud, pas toujours drôle, souvent invraisemblable mais reposant sur un casting aussi improbable (Robert Charlebois, Miou-Miou, Terence Hill et Patrick MacGoohan réunis) que solide et une deuxième heure désopilante. Il faut savoir que Leone avait pour première ambition de réunir le trio des Valseuses, Dewaere-Depardieu-Miou-Miou. Le film de Bertrand Blier n'ayant pas fonctionné en Italie, Leone se tournera vers Terence Hill et misera sur Charlebois. Il dira d'ailleurs de ce dernier qu'il avait le comique et l'humanité d'un Eli Wallach mais que Damiani n'a pas su l'utiliser. On est loin de la réussite de Mon nom est Personne et Un génie, deux associés, une cloche pêche par sa réalisation et son montage peu réussis où le rythme est souvent ralenti. D'ailleurs, le film commence par une confrontation géniale entre Terence Hill et Klaus Kinski puis l'action et le rythme retombent aussitôt. Il faut attendre les scènes du Fort pour que le film prenne vie véritablement. On rit vraiment beaucoup durant l'énorme course poursuite entre Hill et Charlebois, probablement la meilleure scène du film. Miou-Miou venait d'exploser avec Les Valseuses et Pas de problème ! et s'amuse comme une folle dans le rôle de Lucy, aventurière peu farouche dont le cœur balance entre Joe et Locomotive. Le film marque également une rare incursion de Robert Charlebois au cinéma qui s'éclate également comme un gamin. Le point fort du film est véritablement l'entente entre les trois vedettes.

Trahisons en tout genre, charme, gueules cassées, rivalités, humour enfantin, répliques ciselées, légèreté, décors naturels grandioses, le film n'a pas trop vieilli et demeure un sympathique divertissement. Leone, tellement déçu par le film décidera de ne plus jamais produire un seul western.
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