La Mouche - Blu-Ray
HD / Test Blu-Ray / le 25/03/2008, 16h35
Par Arnaud Mangin
Bien qu'un peu imparfait sur quelques aspects techniques, le
Blu-Ray de La Mouche est pourtant
une véritable satisfaction pour les fantasticophiles. Tout d'abord, l'éditeur
s'est évertué à nous le proposer dans les meilleures conditions possibles mais
il nous propose surtout l'intégralité des suppléments que l'on trouvait sur le
dernier DVD collector. Une présence de l'interactivité quasi inespérée lorsque
l'on sait que Fox a pris la mauvaise habitude de virer les bonus de la plupart
de leurs titres. Mieux encore, Le Blu-Ray propose deux ou petites choses
supplémentaires. Un seul disque, un seul, avec le film en HD, une jolie bande
son et des heures de bonus... Impossible de bouder son plaisir !

15/20 Image
La qualité de l'image chez Fox, c'est souvent la roulette
russe et ici on de la chance puisque contrairement à certains autres titre,
même plus récents, on a ici droit à un joli encodage VC-1 et non pas à un Mpeg2
qui nous permet de profiter d'une image particulièrement exceptionnelle à de
nombreuses occasions pour un film de cet age. A de nombreuses occasion, oui,
mais malheureusement pas tout le temps puisque ce sont essentiellement les
noirs qui souffrent d'une copie un poil vieillotte avec un fourmillement
parfois prononcé dès lors qu'on pénètre dans la pénombre - ce qui est même déjà
mieux qu'un encodage ne supportant pas les mêmes noirs.
En tout cas, le
résultat surprend tout de même assez souvent en nous offrant image très
détaillée sur les extérieurs en plans d'exposition (à 11 minutes par exemple,
juste avant de découvrir Geena Davis dans son bureau) comme dans tous les
autres soutiens d'éclairage. Il sera d'ailleurs amusant de constater une très
nette progression dans le laboratoire de Brundle lorsque Davis le filme aidée
par une torche puissante. Si l'age de La
Mouche (1986) explique et excuse l'imperfection du résultat, on ne l'a en
tout cas jamais comme ça.

14/20 Son
Bon, côté son, c'est forcément un poil moins reluisant, mais
on ne pouvait bien évidemment pas espérer de gros miracles sur de gros mixages
multicanaux gonflés à partir d'une stéréo d'origine. Ceci dit, rien de honteux
(le DVD ne l'était pas non plus) puisque les ingénieurs du son se sont bien
évidemment évertués à donner vie à la scène frontale qui conserve un relief des
plus convaincants en jouant justement avec les effets stéréo. Chose qui
fonctionne plutôt bien dans les scènes de foules, les portes coulissantes ou
les extérieurs par exemple, là où les effets surround auront parfois un peu de
mal à suivre. On privilégie évidemment un DTS HD Master Audio attribué à une VO
qui bénéficie d'une certaine clarté là où la VF DTS (la même que le DVD)
restera malheureusement encore trop étouffée...
20/20 Bonus
C'est un joli regard de spectateur que nous offre David
Cronenberg dans un commentaire audio enregistré pas moins de 20 ans après le tournage du film. Un commentaire qui
prend d'ailleurs très intelligemment le parti de compléter ce que proposera le
(très long) documentaire proposé sur le même disque au lieu de ses répéter.
Ainsi, les vraies combines et autres secrets de tournage ne sont guères
développés ici dans leur aspect technique - une fois encore, les autres bonus
s'en chargent très bien - mais il s'agit plutôt une rétrospective analytique
sur ses ambitions d'auteur. Un auteur qui se focalise essentiellement sur une
romance dramatique sur fond de maladie incurable et qui parvient à s'harmoniser
sans mal avec les volontés d'un grand studio cherchant essentiel un bon sujet
de film d'horreur. Lorsque tout le monde s'accorde autant sur un projet qui
avait tout pour véhiculer les discordes, on comprend aisément une telle
réussite artistique. Comme à son habitude, le bonhomme est passionnant...
Bonus totalement absent du DVD Collector et donc exclusif à
ce Blu-Ray, la Piste suppléments propose la désormais classique fonction bulle qui distille de nombreuses
informations sur le film tout du long dans des cases apparaissant ça et là.
Anecdotes et autres informations précises sont ainsi proposées à la pelle. Une
utilisation du Java qui permet aussi de jouer à un petit jeu pas spécialement
intéressant mais dont on ne blâmera pas la présence aux vues des autres
suppléments. Ca s'appelle Fly Zapper,
et ça consiste à écraser les mouches qui viennent virevolter sur l'écran de
temps à autre, en se servant de la télécommande...
En sélectionnant ensuite le chapitre des documentaires, on se retrouve d'abord
avec l'extraordinaire et récent making of où tout le monde intervient, excepté
Cronenberg lui-même. "Fear of the flesh" est une énorme pièce de 2h16 qu'il est également possible de rallonger à une durée de 2h42. Un
document complétant idéale le commentaire du réalisateur (et même s'il y avait
participé, ça aurait duré deux fois plus longtemps) proposé par le concepteur
du tout aussi génial making of de Panic Room. Après la théorie, la
pratique donc et l'on s'atèle ici essentiellement au décorticage technique
complet d'un film aux prouesses visuelles étonnantes pour l'époque. Entre vidéo
d'archives, reconstitutions et témoignages exhaustifs de techniciens, on
apprend désormais TOUT sur le film. Impossible de sortir de là ignorant. Sur un
second axe, les comédiens eux-mêmes ne tarissent pas d'anecdotes aussi
fascinantes que rigolotes où Jeff Goldblum dévoile une personnalité pour le
moins étrange, joyeux pince sans rire, lorsqu'on n'apprend pas que si Geena
Davis a obtenu le rôle, c'est parce qu'elle était déjà la compagne du comédien
à l'époque. Un bonus qui justifierait à lui seul l'achat du Blu-Ray. Notons
enfin que les 26 minutes supplémentaires sont disponibles durant la lecture du
documentaire mais également dans une section à part, ce qui évite de jouer avec
la télécommande durant le visionnage.

Le recueil des scènes
coupées est lui aussi un véritable coffre au trésor qui ne propose là
encore QUE des séquences immanquables, même si l'on peut porter que de petites
considérations à trois d'entres elles. En revanche, les trois autres s'imposent
d'elles-mêmes ! D'une durée globale de 14min30 environ, cette section
nous propose donc des séquences aux images fortes. Geena Davis rêvant qu'elle
porte un enfant papillon, d'une part, et qui inspirera largement l'introduction
de La Mouche 2 deux, mais surtout deux séquences particulièrement gores
où Seth Bundle tente de croiser un chat avec un singe, avec un résultat
monstrueux et une dernière où, après un accident, il se voit forcé de dévorer
une partie de son corps. Une scène retirée du montage final parce qu'elle avant
rendu malades certains spectateurs lors de la projection test.
Bien que hyper
complète, l'interactivité ne s'arête pas là puisque d'autres petits modules
complètent joyeusement les bonus. Le premier s'intitule Le Musée Brundle
d'histoire naturelle (11min50) et nous permet de visiter la maison d'un
historien du cinéma qui conserve chez lui quelques pièces de choix, et plus
particulièrement les diverses monstruosités utilisées durant le tournage du
film de Cronenberg. De nombreux documents d'archives parsèment encore les
documentaires dont une vidéo d'essais (7min35) s'intéressant aux effets
visuels, à l'éclairage, aux effets spéciaux de maquillage ou au plateau
tournant, un making of d'époque (6min58), un petit portrait du réalisateur
(4min21) toujours d'époque, 6 bandes annonces, 3 spots TV, des galeries
d'images ainsi que divers documents écrits comme le scénario ou des extraits
d'articles diffusés dans la presse spécialisée. La totale !
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