Sunshine –Blu-Ray
HD / Test Blu-Ray / le 26/12/2007, 13h47
Par Arnaud Mangin
Cinéaste social reconnu, Danny Boyle est également un cinéphile qui dévoile avec Sunshine
un amour profond pour le cinéma de genre américain lorgnant vers les
étoiles. Comme il l'expliquera longuement dans son commentaire audio,
il n'aura pu s'empêcher quelques emprunts aux grands classiques.
Impossible de bouder son plaisir devant cet inévitable en devenir où
l'on y décèlera quelques restes de 2001, Solaris ou d'Alien...
Le DVD fut une expérience séduisante... L'édition Blu-Ray transcende totalement la façon regarder le film !
20/20 Image
A ceux qui se cherchent encore un prétexte pour investir
dans un lecteur Blu-Ray, ou aux autres qui se demandent encore quel film
acheter pour profiter de leur nouvelle PS3 fraîchement trouvée dans la
cheminée, Sunshine pose les bases
d'entrée de jeu. Ca fait mal, mais alors très mal, et même le DVD standard
qu'on peut comparativement qualifier de "produit convaincant" ne fait
plus le poids face à ce que nous offre la haute définition. Une bonne raison
pour découvrir ce que votre installation a dans le ventre, mais également de
contempler un travail de compression technique époustouflant.
En l'état, le film de Danny Boyle est déjà splendide,
Blu-Ray ou pas. Lumineux, jouant généreusement avec les variantes de focales et
baignant l'ensemble dans l'inévitable atmosphère solaire que sont les couleurs
principales rouge et jaune sans qu'aucune des deux ne bave sur l'autre. En HD,
c'est encore plus fou parce que ces multiples dégradés de couleurs ne posent
pas le moindre problème au diffuseur numérique et que les différents halos
disséminés ça et là, de quelque nature qu'ils soient, jouissent d'une fluidité
ne nous épargnant aucun détail. Et puisque l'on parle de détails, c'est encore
plus contemplatif qu'on ne l'aurait imaginé puisque dans toutes les situations,
tous les cadrages, tous les axes, imperfections de la peau en gros plan,
paysage interstellaires infinis, ou la conception du vaisseau ( à l'intérieur
comme à l'extérieur), rien ne nous est épargné. C'est juste splendide et appuyé
de plus belle par un jeu de contraste encore plus évident où les jeux d'ombres
et de lumières ne trouvent, à ce jour, par leur pareil en vidéo. Même pas sur
le récent DVD du même film...
19/20 Son
Sur un plan sonore, le DVD standard mettait la barre relativement
haut malgré l'absence de toute piste DTS. Ici, c'est quasiment le nirvana et
comme souvent chez Boyle, c'est la bande originale qui prédomine - les dix
dernières minutes du film sont à ce titre un bonheur pour les oreilles - mais
on n'oublie pas qu'il s'agit ici d'un film de genre et que son contexte spatial
n'est jamais en reste. N'importe quel mouvement du vaisseau met les enceintes
et le caisson en branle pour un enveloppement tel que les déplacements de
l'engin sont régulièrement palpables. C'est tout naturellement qu'on se
focalisera sur la nettement plus musclée piste DTS Master audio HD anglaise qui
peut carrément se targuer d'effets supplémentaires à la lisière du
fantomatique, où quelques effluves sonores jouissent d'une balance en relief où
tout cet univers formel vit littéralement autour de nous, et presque à travers
nous. Home cinéma, ça veut dire le cinéma à la maison... Ben voilà, on y est !
12/20 Bonus
Les bonus sont strictement les mêmes que ceux de l'édition
standard, à ce détail prêt qu'ils sont bien évidemment accessibles directement
durant la lecture du film. Malheureusement tous ces bonus ne sont présentés qu'en SD, exception faite des bande-annonces.
Commentaires audio :
Si la présence d'un commentaire par un scientifique devenu expert dans
l'évolution du soleil, de sa puissance, de ses bienfaits et de leurs
contraires pourrait passer pour un bonus gadget, il n'en est rien.
Sunshine est un vrai film de science fiction avant-gardiste, et donc à
la croisée des chemins entre la fantaisie et l'informatif. C'est là
qu'entre donc en ligne de compte les deux commentaires audio qui
représentent respectivement chacune des deux facettes. Danny Boyle,
tout seul sur sa piste, se montre particulièrement bavard mais ne sort
jamais de son rôle et assume mille fois tout ce que son film peu
représenter de divertissant. Il ne cessera d'ailleurs jamais de citer
ses références et d'évoquer un certain nombre de clichés qu'il a
volontairement suivi pour mettre à bien cette aventure, tout en nous
offrant un décorticage technique de rigueur. Plus sérieux, et tout
aussi fascinant, le second commentaire s'impose comme un imposant
Science et vie joyeusement théorique pour qui voudrait savoir ce qui se
passerait si le soleil devait s'éteindre. Le vrai plus aurait été de
réunir les deux hommes sur le même enregistrement... un détail.
Scènes coupées (19min) :
Comme l'expliquera clairement Danny Boyle dans son commentaire -
complétant celui du film - la grande majorité des scènes coupées l'on
été pour une évidente question de rythme. Ainsi, c'est pour cela qu'une
grande partie d'entre elles repose sur l'exposition des personnages,
présenté avec un peu plus de temps dans leurs environnements
respectifs. Les scènes suivantes relèvent de séquences alternatives,
notamment sur la rencontre entre les deux derniers personnages du film.
Notes de production (46min40) :
Il ne s'agit pas là d'un vrai making of à proprement parler, mais une
série de petits modules vidéo diffusés sur le net tout au long du
tournage qui nous est proposé. D'une manière succincte, et construit
comme une succession de moments volés, on y découvre ainsi la
conception de Sunshine
par à-coups, aux côtés d'un Danny Boyle passionné et inspiré, s'étant
donné tous les moyens pour faire ressentir à ses acteurs tout ce que
son futur métrage devait porter à l'écran. La spiritualité de Sunshine
prend assurément une place à par entière dans la naissance du film,
mais on y découvre également par tranches la conception technique
particulièrement élaborée ainsi que l'importance du numérique dans un
film comme celui-ci. Enfin, l'ensemble est parsemé d'interventions de
scientifiques (présents sur le plateau de tournage) qui rendent le
thème aussi ludique que passionnant.
Enfin, outre les bandes annonces du film, l'interactivité s'achèvera
sur deux courts métrages même pas signés par Boyle, mais plutôt
conseillés par celui-ci. D'une durée d'environ 6min30 chacun, l'un - Dad's Dead - se montre comme une multiplications d'animation morbides et l'autre - Mole Hills - est un étrange plan séquence dans une rue...
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