Forbidden Zone
DVD / Test Zone 2 / le 19/02/2008, 18h03
Par Yann Rutledge
Oubliez le Rocky Horror Picture Show, oubliez Tim Burton et son
pitoyable Sweeney Todd, le prix de LA comédie musicale la plus barrée
revient sans nul doute à Forbidden Zone. Pour se faire ne
serait-ce qu'une infime idée qu'est ce trip gonzo politiquement incorrect, il faut
s'imaginer une rencontre improbable entre Ed Wood (le côté cheap de
l'affaire), les Three Stooges (humour à deux balles), Terry Gilliam (la
simplicité de l'animation) et Mr Bungle (la musique barrée).
Sorte d'Alice au pays des merveilles à la sauce underground, Forbidden
Zone a été conçu "en dépit du bon sens" sur trois
années, par une bande de pieds nickelés qui ne connaissait pas grand chose en cinéma, et ce dans l'unique but de mettre en images leurs performances
musicales.
Au casting de ce film joyeusement foutraque mis en image et en musique par
les frères Richard et Danny Elfman (ce dernier étant le compositeur de L'Etrange
Noël de Monsieur Jack, Batman, Edward aux mains d'argent... tous les
chef-d'oeuvres de Tim Burton), on retrouve Matthew Bright alias Toshiro Baloney,
futur réalisateur de Freeway (relecture moderne du Petit Chaperon Rouge), Hervé Villechaize qui
connaîtra son heure de gloire grâce à la série L'île Fantastique, Susan
Tyrrell qui fut nominée aux Oscars pour son rôle dans Fat City de John
Huston, et même Joe Spinell, acteur immortalisé dans le film Maniac de
William Lustig et qui fait dans Forbidden Zone une apparition
éclair.
Parce que complètement fauché et poussé par un ardent désir d'être
politiquement incorrect, Forbidden Zone n'a pas volé sa
réputation du "plus culte des films cultes" que tout cinéphile qui se respecte se doit de posséder dans sa dvdthèque ! Cela tombe bien, Le Chat qui fume nous propose un DVD techniquement parfait et
plein à craquer de bonus. Le test complet ci-dessous.
Direction www.lechatquifume.com pour vous procurez cette petite perle.

19/20 Image
Tiré d'un master haute définition, l'image de ce film fauché
réalisé avec les (maigres) moyens du bord est, disons le tout de go,
resplendissante ! L'inconvénient d'un film tourné en noir et blanc est que les
défauts de son image se remarquent presque tout de suite : tout est affaire de
contraste, réussi ou non. Ici, Forbidden Zone possède un joli
piqué aux noirs profonds et aux blancs éclatants, sans jamais nuire aux détails
de l'image. Certes, quelques petites tâches de poussière sont encore visibles ça
et là, mais elles ne gênent en aucun cas la vision du film. On terminera sur la
compression qui sait se faire discrète, un léger fourmillement qui se fait
certes ressentir sur quelques plans sombres, mais dans l'ensemble c'est un sans
faute. Chapeau bas messieurs du Chat qui fume !







20/20 Son
Nous étions déjà conquis par l'image et les pistes sonores achèvent de nous
convaincre. Pas moins de quatre (quatre !!) pistes sonores nous sont offertes :
une piste encodée en DD 5.1, une piste tonitruante DTS 5.1 , la piste Mono 2.0
d'origine et la piste musicale isolée présentée en Stéréo. Si le DTS 5.1 n'était
pas présent, on louerait le dynamisme du remixage DD 5.1 encodé à un débit de
384Kbps. Mais malheureusement pour ce dernier, la piste DTS 5.1 24 Bits encodé
à un débit de 768Kbps le surpasse en tous points. Jamais nous aurions imaginé
découvrir le film dans de telles conditions. Qu'il s'agisse des morceaux de ce
timbré de Danny Elfman ou de la profusion des instruments, cette débauche
musicale prend tout son sens grâce aux effets surround.

Pour les puristes, Le Chat qui fume a ajouté la
piste Mono 2.0 d'origine encodée à 192Kbps qui s'avère d'honnête facture malgré
un léger souffle. L'éditeur a enfin eu la très bonne idée d'adjoindre au film
la piste musicale isolée, permettant ainsi de profiter pleinement de la bande
son composée par Danny Elfman.

17/20 Bonus
Pas encore convaincu que ce DVD est indispensable ?! Tournons-nous du côté
des suppléments. Là encore, Le Chat qui fume ne s'est pas
moqué de nous et nous offre une pléthore de "boni" (sic).
Tout d'abord, Le Chat qui fume a eu la très
bonne idée d'ajouter au film deux pistes de sous-titres, l'une en anglais et
l'autre en français, spécifiquement pour les morceaux musicaux.

Richard Elfman
Ensuite, on trouve un commentaire audio de Richard Elfman,
réalisateur du film, et de Matthew Bright, son co-scénariste. Dans ces
commentaire, les deux compères ne se montrent pas avares en anecdotes, avouant
avec humour ne plus avoir de nouvelles de plus de la moitié des interprètes du
film. Ils évoquent comment leur bande s'est formée (ce sont tous des amis
d'amis), les galères rencontrées durant le tournage (mésentente entre quelques actrices, problèmes dus au faible
budget, etc...), la manière dont la trame du scénario a été imaginée, etc...
Passionnant et d'une bonne humeur communicative (on ne comptera pas le nombre
de "God I wanted to fuck her" de Bright quand
Gisele Lindley est à l'écran), ce commentaire se termine sur une promesse par
Elfman et Bright de se lancer presque trente ans plus tard dans un second opus
: croisons les doigts !

On
continue avec Voyage dans la Zone Interdite (35 minutes), module
présenté par Richard Elfman himself et dans lequel il revient aux côtés d'une
partie de l'équipe et du casting sur l'élaboration et le tournage du film.
Matthew Bright, Marie-Pascale Elfman, John Muto, Susan Tyrrell mais aussi
Richard Elfman reviendront sur l'écriture du film, la composition des morceaux,
la conception des décors, mais aussi sur le regard qu'ils portent sur le film
quasiment trente ans plus tard. Richard Elfman déclare qu'il ne prenait à
l'époque pas de drogues (on a du mal à le croire) et que Forbidden Zone "était la chose la plus difficile à faire mais aussi la plus géniale".
Une mine d'informations en somme, agrémentée de nombreuses images issues d'archives
de concerts de leur groupe The Mystic Knights of the Oingo Boingo.

Danny Elfman
Nous retrouvons aussi une interview concoctée par l'équipe
du Chat qui fume d'une dizaine de minutes de Marie-Pascale Elfman, Frenchy dans
le film et ex-femme de Richard Elfman, qui revient sur la rencontre avec ce dernier
à Paris dans la troupe du Grand Magic Circus, elle-même dirigée par Jérome Savary. Peut-être un peu redondante avec le commentaire audio et avec le
documentaire Voyage dans la Zone Interdite, cette interview se termine
sur les paroles de Marie-Pascale Elfman qui avoue que sur ce film, "tout
a été fait en dépit du bon sens".

Marie-Pascale Elfman
Dix scènes coupées ont été regroupées dans un module d'une
quinzaine de minutes, et à la vue de celles-ci, on se prend à se demander
pourquoi Richard Elfman ne les a pas intégrées au montage final tant elles sont
drôles et inventives (surtout la performance culinaire des deux timbrés
"pétomanes" que sont Kipper Kids). Ce n'est sans doute pas à cause de
leur irrévérence ou de l'esprit politiquement incorrect qui s'en dégage, mais
probablement plus pour une question de rythme que ces séquences n'ont pas été
finalement intégrées.


Deux des dix scènes coupés
On retrouve aussi deux extraits du film Hercules Family,
la première mouture abandonnée de Forbidden Zone. Tournées en
16mm, ces séquences présentent Satan alias Danny Elfman, qui reprend Minnie the
Moocher de Cab Calloway, et Marie-Pascale
Elfman, qui reprend Jonny chanté initialement par Marlène Dietrich.
Cette série de bonus se termine par le clip très MTV
"Private Life" d'Oingo Boingo, par la bande
annonce d'époque qui reprend l'accroche de la bande annonce de La Dernière
Maison sur la Gauche de Wes Craven ("Keep
repeating : it's only a movie, it's only movie"), et par une galerie
de photos.


Hercules Family
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