La Quatrième Dimension - Saison 2
DVD / Test Zone 2 / le 24/07/2008, 12h03
Par Yann Rutledge
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Nous sommes transportés dans une autre dimension, une dimension faite non seulement de paysages et de sons, mais surtout d'esprits. Un voyage dans une contrée sans fin dont les frontières sont notre imagination. Un voyage au bout des ténèbres ou il n'y a qu'une destination : la quatrième dimension."
Universal continue son exploration dans
la quatrième dimension en sortant la deuxième saison de la mythique série de
Rod Serling,
The Twilight Zone. Nous ne reviendrons pas sur l'importance qu'a cette série dans l'histoire de la télévision américaine et dans sa participation à l'éclosion d'une science-fiction adulte, ayant déjà
touché deux mots sur ce sujet ici.Une nouvelle fois, Universal nous offre un coffret irréprochable techniquement, et qui plus est, fait si rare qu'il mérite d'être souligné, meilleur que son homologue américain.
15/20 Image
Sur les vingt-neuf épisodes produits par CBS pour cette deuxième saison, six ont été réalisés non pas sur pellicule mais en vidéo, et ce dans un souci d'économie. En effet, comme nous l'explique le très bon blog
Forgotten Silver "
la série coûte 65 000 dollars par épisode, ce qui est beaucoup trop pour la chaîne. Il a donc été décidé de tenter l’expérience d’un tournage en vidéo, entièrement en studio, afin de gagner 5000 dollars par épisode." Tout en imposant à l'équipe de nouvelles contraintes de mise en scène (entre autres, une caméra moins mobile du à sa taille), le rendu s'avère "catastrophique" (dixit
Rod Serling lui-même), l'élégance de la photographie des épisodes tournés en pellicule étant totalement absente en vidéo. Autre souci de taille : la restauration d'éléments vidéo s'avère extrêmement difficile, comparé à une restauration effectuée à partir d'éléments chimiques. Mais avant de se concentrer sur le transfert de ces six malheureux épisodes, intéressons-nous à ceux tournés en pellicule.

En tous points, le transfert sur galette numérique des épisodes tournés en pellicule est admirable. D'une propreté stupéfiante pour une série de près d'un demi-siècle, les masters utilisés ici ont fait l'objet d'une méticuleuse restauration offrant à la série de Serling une nouvelle jeunesse amplement méritée. L'objectif était visiblement de permettre aux téléspectateurs d'aujourd'hui de découvrir la série dans les mêmes conditions que ceux de l'époque.
Noir et blanc oblige, la photo de George T. Clemens joue à merveille sur les jeux d'ombre et de lumière, plongeant le spectateur dans un entre-deux-mondes où coexistent rêves et cauchemars. Le transfert lui fait honneur, la palette des gris étant d'une rare richesse et les noirs d'une belle profondeur. Autre point fort, le peu de points (noir ou blanc) et autres artefacts qui pourraient entâcher le bon visionnage de la saison à dénoter : comme neuf, on vous dit ! La compression, quant à elle, est bien entendu sans faille (tant le travail est soigné, l'inverse nous aurait étonné).

Un sou pour vos penséesCa, c'est pour les épisodes tournés sur pellicule. En ce qui concerne les épisodes tournés en vidéo, le constat est tout autre. A noter que la durée de vie des bandes vidéo est beaucoup moins longue que celle de la pellicule (quelques décennies tout au plus), ce qui tient aussi bien à sa compostion chimique qu'à l'obsolescence des appareils de lecture (conséquence directe des incessantes avancées technologiques). La restauration d'éléments magnétiques s'en trouve beaucoup plus complexe. Lors de la sortie de la saison 2 en DVD aux Etats-Unis, le laboratoire chargé de la restauration des éléments vidéo a tenté de mener au mieux la colossale somme de travail qu'une telle restauration nécessitait, pour un résultat cependant loin d'être concluant. Dans ces conditions, Universal France et L'Atelier d'images (en charge de l'authoring) se sont ainsi attelés à améliorer sensiblement les défauts majeurs de l'édition américaine.

Exemples des défauts visibles sur l'édition américaine (Source : DVDTalk.com)Quid donc de l'image de ces six épisodes enregistrés sur source analogique sur l'édition française ? Là où la précision est le maître mot pour le transfert des épisodes tournés sur pellicule, ici, nous avons droit à une image manquant de manière flagrante de définition, sur des personnages aux contours irréguliers de surcroît, et par dessus tout à une image granuleuse. La photographie ne s'en trouve fort heureusement pas déshonnorée, les contrastes étant malgré tout des plus soignés. Certes, l'image n'est techniquement pas à la hauteur des vingt-trois autres épisodes de la saison. Mais en connaissance de cause des conditions de production et d'archivage, notre indulgence vis-à-vis prend le dessus sur la déception.


Sans escale de vie à trépas
Rien que la vérité
14/20 Son
Deux pistes Mono 2.0 nous sont proposées, la piste originale anglaise d'un côté, le doublage français de l'autre. D'une propreté sonore qui en ferait rougir plus d'un, la piste anglaise possède ce qu'il faut de clarté et de dynamisme sans pour autant être saturée. Un peu plus étouffé que la version originale, le doublage dans la langue de
Molière s'avère d'une "perfection" troublante. En effet, réalisé durant les années 80 à l'occasion de la diffusion sur la première chaîne de l'émission Temps X des frères Bogdanoff, ce doublage "contemporain" accolé à la série de
Rod Serling datant des années 60 procure une impression d'anachronisme qui pourra en faire fuir certain.
A noter enfin que, la piste française n'ayant pas été retrouvé à temps pour la sortie du DVD, l'épisode intitulé
L'Odyssée du vol 33 ne nous est proposé qu'en anglais.

10/20 Bonus
En ce qui concerne les suppléments, c'est avec beaucoup d'amertume que nous constatons que les nombreux bonus présents sur le coffret édité aux Etats-Unis (commentaires audio, émissions radiophoniques, interviews, pistes sonores dédiées uniquement à la bande originale etc...) n'aient pas traversé l'Atlantique. En guise de petite gâterie, Universal ne nous offre qu'un épisode de
La Nouvelle Quatrième Dimension intitulé
Jeux d'ombres, remake de l'épisode
Peine Capitale. Intéressant certes, mais pas autant que ce à quoi ont eu droit ces chanceux d'Américains.

Jeux d'ombres VS
Peine Capitale
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