Ma femme est un violon établit définitivement Laura Antonelli comme sex-symbol international. Adapté d'une nouvelle de Luciano Biancardi, Le Complexe de Loth, le film de Pasquale Festa Campanile est bien entendu une ode au corps de la sublime Laura Antonelli (filmée sous toutes les coutures) mais également et étonnamment une comédie dramatique existentielle qui vieillit bien grâce à une mise en scène inventive et moderne (des travellings surprenants, kaléidoscopes...). Le cinéaste mêle habilement comédie sexy et réfléchie avec le personnage d'un mari (Lando Buzzanca) désespéré par la vie qui prend conscience que sa seule façon de garder un peu d'estime de lui-même est d'exhiber sa femme, celle-ci ayant de généreux attributs, aux yeux de ses collègues musiciens, de son concierge qui ne le reconnaît pas depuis dix ans ou bien devant 20 000 spectateurs lors d'une représentation d'Aïda. Niccolo est petit à petit pris au piège de son obsession et les exhibitions se font de plus en plus osées. C'est aussi l'occasion pour le couple de se redécouvrir après dix années de mariage qui les ont plongés l'un envers l'autre dans l'indifférence la plus totale. En effet, Niccolo, bien plus préoccupé par ses malheurs et ses problèmes, avait complètement oublié à quoi ressemblait le corps de sa femme ! Laura Antonelli est parfaite (et pas refaite) dans le rôle de cette femme un peu simplette mais prête à tout pour répondre aux fantasmes de l'homme qu'elle aime. Son talent comique sera remarqué par les plus grands comme Dino Risi dans Sexe fou en 1973 et dans Les Derniers monstres (Sesso e volentieri, 1983).
Bien qu'étirant un peu trop le concept de l'homme dont on ne se souvient jamais (chapeau au chef d'orchestre qui ne souvient pas du nom de famille de Niccolo, en l'occurrence Vivaldi), Ma Femme est un violon n'a rien perdu de son impact érotique. Vous messieurs pourrez admirer la beauté de Laura Antonelli tandis que la prestation de Lando Buzzanca, tiraillé entre son désir d'exister et son amour sincère pour sa femme, parvient à nous émouvoir. Pasquale Festa Campanile (co-scénariste de Rocco et ses frères et du Guépard entre autres) soigne sa réalisation, s'éloignant ainsi de la simple comédie italienne sexy sans intérêt et platement filmée, et mérite amplement que son film soit redécouvert.

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