Paysages Manufacturés
DVD / Test Zone 2 / le 16/06/2008, 17h24
Par Yann Rutledge
Définir Paysages Manufacturés comme un documentaire sur le travail du photographe Edward Burtynsky serait sincèrement réducteur. La réalisatrice Jennifer Baichwal l'a certes suivi dans son périple en Chine et au Bengladesh, mais elle propose plus un prolongement de l'oeuvre du photographe canadien qu'un film explicatif sur ses méthodes de travail. Usant de tout le potentiel qu'offre le cinéma (travail sur la durée des plans, ambiance sonore, montage, etc...), Baichwal nous invite à un voyage comparable au Baraka de Ron Fricke, nous faisant réfléchir sur le monde (et ses dérives) tel qu'il est aujourd'hui.
"Ces images sont des métaphores du dilemme de notre existence moderne : elles tentent d'établir un dialogue entre attraction et répulsion, séduction et crainte." - Edward Burtynsky
A découvrir d'urgence !
14/20 Image
Tourné en Super 16 puis gonflé en 35mm pour son exploitation salles,
Paysages Manufacturés se présente à travers ce transfert sur DVD sous un jour plutôt honorable. Certes, face à un film comme
Baraka de Ron Fricke, auquel il est souvent comparé, le film de
Jennifer Baichwal fait plutôt pâle figure en termes de piqué, mais son passage sur DVD ne lui est pas préjudiciable. Les couleurs un peu ternes que l'on avait découvertes en salle n'ont heureusement pas été artificiellement "améliorées" d'un iota. Seule ombre au tableau finalement, la compression qui se fait parfois un peu trop ressentir sur les plans où le grain est très présent.





16/20 Son
Une seule piste son nous étant proposée, un Stéréo qui plus est, on serait tenté aux premiers abords de rouspetter. Mais le minutieux travail sonore, sur les ambiances notamment, s'avère finalement à son aise sur ces deux canaux. Proche de ce que nous a offert le musicien Geir Jenssen avec
Cho Oyu 8201m – Field Recordings from Tibet (réalisé lors de son périple entrepris en 2001 au Tibet), très ambiant, l'épaisseur du son nous transporte littéralement au centre des contradictions de la Chine Nouvelle.

16/20 Bonus
En guise de supplément, nous trouverons la
bande annonce du film, deux
galeries de photos de Edward Burtynsky ainsi que
six scènes coupées avec commentaire audio de Jennifer Baichwal optionel.
On y trouvera ainsi :
- une version plus longue de la visite de la maison de Diana Lu, l'agent immobilier que l'équipe a rencontré à
Shanghai. Une version qui fut raccourcie dans le film, Baichwal ayant peur que cette femme qui représente les nouveaux riches de Chine soit trop caricaturale;

- une longue balade dans le vieux
Shanghai présentée dans une version beaucoup plus courte dans le montage final (la réalisatrice "
voulait un point de vue qui ne tombe pas dans l'idéalisation [de ces vieux quartiers chinois pittoresques],
mais qui rende hommage à la vie organique qui en émane");
- une interview d'un tailleur de pierre de Yueqing qui, à la grande tristesse de la réalisatrice et de son monteur, ne put être gardée faute d'avoir pu être "
calée quelque part";
- la conférence de presse de Edward Burtynsky lors du TED (Technology, Entertainment, Design) 2005;
- une longue séquence nocturne se déroulant dans le bar karaoké de leur hôtel de Qiligang (tournée par l'équipe en l'absence de Baichwal qui était allé se coucher);
- une dernière séquence plus longue que ce qui a été gardé dans le montage final présentant les vieux quartiers de Wushan désormé inondés, et dans laquelle on découvre des habitants hésitant à critiquer la politique de délogement/relogement de l'Etat;
- six scènes coupées absolument pas superflues qui existent par elles-mêmes et offrent un formidable complément au film.

Pour finir, ED Distribution ajoute un livret de 60 pages contenant 58 photos commentées par Edward Burtynsky (n'ayant pas eu ce dernier dans les mains, nous ne pouvons vous en dire plus).

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